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Un cycle nycthéméral pour tous

vendredi, mai 27th, 2016

croppe10Le temps est-il circulaire, linéaire ou bien possède-t-il ces deux caractéristiques simultanément ? L’antiquité a plutôt accrédité l’idée de la circularité tandis que les temps modernes plutôt celle de la linéarité, pourtant le poids du sensible porte plus sur le premier que sur le second. Si l’on perçoit facilement les macro-cycles  de la nature, on a également déjà eu connaissance de micro-cycles comme celui de la photosynthèse végétale, intimement liée au cycle de l’illumination. Un nouveau cycle vient d’être mis à jour qui pourrait évoquer une période de sommeil chez le végétal (en version courte :Trees seen resting branches while ‘asleep’ for the first time, https://www.newscientist.com/article/2088833-trees-seen-resting-branches-while-asleep-for-the-first-time/?cmpid=NLC%7CNSNS%7C2016-2605-newGLOBAL&utm_medium=NLC&utm_source=NSNS, une version longue : Quantification of Overnight Movement of Birch (Betula pendula) Branches and Foliage with Short Interval Terrestrial Laser Scanning, http://journal.frontiersin.org/article/10.3389/fpls.2016.00222/full). Les conditions de la surveillance étant maitrisées, la première interprétation qui vient à l’esprit met en rapport mouvement/turgescence/photosynthèse, ce qui est parfaitement logique. Ce qui pourtant n’empêche pas les auteurs de se poser la question qui divise : l’action répond-elle exclusivement à un processus passif ou bien peut-on faire l’hypothèse de l’existence d’une processus actif, et donc de l’existence d’un rythme nycthéméral ? Ce que l’on sait parfaitement bien et depuis longtemps, c’est que l’héliotrope (d’où son nom !) se tourne vers le soleil (photonastie), que la sensitive Mimosa pudica replie ses feuilles la nuit (nyctinasie) et si elle n’a pas été réalisée, Linné (1751) avait pourtant imaginé une horloge florale où de nombreuses fleurs s’ouvrent et se ferment à des moments particuliers du jour, indiquant précisément l’heure ! Les rythmes biologiques existent donc et sont connus depuis longtemps, mais ce qui prête à discussion/sourire (?), c’est une fois encore, l’anthropomorphisme assumé par l’article. L’arbre a une histoire profondément ancrée dans l’imaginaire humain puisqu’il appartient tout autant à la vie qu’au savoir, qu’il a été placé entre Dieu et ses créatures, et que nombreux d’entre eux sont porteurs d’une symbolique personnalisée. Alors pourquoi ces rappels paganiques n’autoriseraient-ils pas l’arbre à sommeiller pour prendre du repos !

La nuit porte conseil

lundi, août 4th, 2014

imageSelon Hésiode ( La Théogonie), la Nuit et le Jour proviennent du Chaos, qui lui est vide, béance primordiale. Ses enfants sont Erèbe et Nuit. Tous deux se sont unis pour donner naissance à l’Ether et au Jour. Selon un cycle immuable, le Jour fait suite à la Nuit et inversement. Que ce rythme influe sur tout chose vivante ne semble donc pas si extraordinaire et c’est ce qu’explore la chronobiologie depuis au moins quatre siècles. En réalité on peut différencier deux types de rythmes biologiques : celui qui court sur une durée de 24 heures en moyenne, c’est le rythme circadien et celui qui joue sur l’alternance jour/nuit, le rythme nycthéméral. C’est du second dont il s’agit dans l’article Light´s dark side ( http://sm.labx.com/tracktype=click&enid=ZWFzPTEmbWFpbGluZ2lkPTE5MjIwMSZtZXNzYWdlaWQ9MTMxODAwJmRhdGFiYXNlaWQ9MzAxJnNlcmlhbD0xNjc5MzIyMCZlbWFpbGlkPW1pY2hlbGVrdWphc0BnbWFpbC5jb20mdXNlcmlkPTFfNjI2MSZ0YXJnZXRpZD0mZmw9JmV4dHJhPU11bHRpdmFyaWF0ZUlkPSYmJg==&&&2012&&&http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/40591/title/Light-s-Dark-Side/). En introduisant artificiellement la lumière au sein de la nuit, les chercheurs se sont aperçu du rôle néfaste de la première. L’interruption de la sécrétion nocturne de la mélatonine a une action sur la croissance tumorale (cancer du sein) et sur l’efficacité d’un médicament spécifique( le tamoxifène). S’il peut sembler ” astucieux” d’utiliser cette hormone comme adjuvant possible à la thérapeutique, il est néanmoins étonnant que les auteurs ne disent mot des autres constantes biologiques qui, dans le même temps doivent nécessairement montrer des modifications. Une action, un facteur en biologie semble tenir d’un raccourci pour le moins saisissant !