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Apprendre ?

mardi, septembre 20th, 2016
Leonardo da Vinci

Leonardo da Vinci

Zeus et Mnémosyne eurent neuf filles chacune porteuse d’un savoir voué à être offert aux  humains dans les meilleures conditions. Par définition elles représentent les arts mais non la science et on touche là la grande différence établie par les anciens entre l’art et la science. L’art, création de l’homme parle au sensible et on pourrait croire qu’il n’a aucune fonction sinon celle de parler d’esthétique. La science est la recherche par l’homme d’une compréhension du monde qui l’entoure. Mais récemment  a été introduit le terme d’art scientifique faisant appel à cette nouvelle notion selon laquelle la science est devenue créatrice de l’avenir de l’humanité. Un article récent aborde un problème que l’on peut rapprocher de cette problématique sous le titre,  An Addiction to Education at All Levels (http://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(16)31134-5) car il s’agit tout simplement d’explorer comment  perpétuer une appétence pour l’apprentissage du savoir. Parce qu’il faudra toujours aimer apprendre, il faudra toujours chercher à faire aimer apprendre ! Car comment ne pas comprendre cette démarche comme un art qui serait dévolu à la science ? On peut en effet penser qu’un enseignement magister, tel qu’on le condamne aujourd’hui, n’apprenait pas à aimer sauf qu’à reconnaître que certains enseignants avaient bien été ceux qui avaient ouvert l’enseigné à l’amour de l’apprentissage. On peut aussi penser qu’une démarche personnelle pour solutionner un problème et secondairement validée par la révélation de la démarche historique est aussi formatrice. En fait l’une comme l’autre de ces attitudes est sujet dépendante et le mieux serait que le choix soit possible. Malheureusement comment ne pas voir qu’il s’agit là d’un vœux pieux et que l’on oscillera toujours entre ces deux attitudes selon les époques. Mais le fait même que pas plus l’une que l’autre ne donne de meilleurs résultats devrait permettre de s’orienter vers une troisième voie : la prise en compte de l’individu en tant que tel, élément référent dans son environnement.

Il y a toujours quelque chose à faire !

mercredi, juillet 30th, 2014

imageLire l’article “Opinion: A Role for Community Science Clubs” (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/40608/title/Opinion–A-Role-for-Community-Science-Clubs/) , c’est aussi s’étonner qu’il puisse avoir été écrit ! Que faire quand il n’y a plus rien a faire  n’est certainement pas la bonne question. Il y a en effet toujours quelque chose à faire et la retraite n’est pas synonyme de cessation d’activité mais poursuite d’une activité que l’on adapte. Bien sur ces remarques valent pour certaines classes de la société, essentiellement celles qui ont eu la chance d’exercer l’activité qui leur convenait, qu’elles avaient choisie en connaissance (ou non) de cause, et il s’agit bien d’un monde privilégié, celui des scientifiques, dans l’article cité. Pourquoi donc la question ne se pose-t-elle pas ? Parce que la suite logique, normale à laquelle personne ne devrait se dérober, est la transmission. Toute acquisition doit être transmise. Que serait devenue l’humanité s’il n’y avait pas eu des passeurs de tous styles, de tous genres et dans tous les domaines. L’expression ” Mourir le plus riche du cimetière” n’est pas réservée à l’aspect pécuniaire de la richesse, le savoir est tout autant richesse et ne mérite pas d’être enterré avec son propriétaire ! La transmission orale à précédé la transmission écrite mais ne s’est pas éteinte avec l’avènement de l’écriture. L’un et l’autre sont indissociables. Il y a certainement un premier et un deuxième mais pas un second car le premier revient sans cesse. L’important c’est de savoir qu’il y aura toujours quelqu’un pour enseigner et que ce quelqu’un peut parfaitement être soi ! Cet article doit donc être compris comme une piqûre de rappel !

Malédiction !

mercredi, décembre 11th, 2013

En l’absence d’une descendance connue de M. Proust il est difficile de savoir si l’odeur de sa petite madeleine se serait transmise comme le laisse penser l’article : Fear of a smell can be passed down several generations ( http://www.newscientist.com/article/dn24677?cmpid=NLC%7CNSNS%7C2013-1205-GLOBAL&utm_medium=NLC&utm_source=NSNS&#.UqSU2tLuJOI), encore que dans ce cas l’association ne serait pas faite avec un ressenti de peur. Dans le même esprit on sait également depuis longtemps que si les pères ont mangé des raisins vert, les dents des fils sont agacées(Ezéchiel, XVIII, 2 ). Et même sans tenir compte du fait que l’on disait de cette transmission qu’elle se manifestait jusqu’à la troisième génération, il n’en reste pas moins vrai qu’il se pourrait bien que l’on puisse enfin trouver une explication, par le biais de l’épigénétique, à un texte ô combien ancien, tout autant qu’à une très célèbre évocation littéraire. Pour l’instant seule l’étude des spermatozoïdes a mis en évidence des modification de l’ADN telles qu’elles puissent expliquer cette transmission, encore que la transmission de la transmission demande un éclairage dont on ne dispose pas encore. Ceci étant, il est une fois encore étonnant de constater combien la vulgate populaire est instructive. Elle serait même suffisamment riche pour initier de nombreux sujets de thèse.