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Principe de responsabilité

lundi, juin 12th, 2017

Replacer l’homme au sein de la nature, quitter un anthropocentrisme mortifère et penser un monde de demain sinon “meilleur” à tout le moins “bon” ne doivent/peuvent plus être des vœux pieux mais les buts vers lesquels Hans Jonas a voulu entrainer son contemporain en 1979.  A cette date le Principe de responsabilité introduit une idée non seulement nouvelle mais qui a priori pourrait même ne pas se justifier à savoir que ” … l’humanité à venir a des droits …” car la question est bien de savoir premièrement, si ce qui n’existe pas a des droits et si deuxièmement, l’humanité du fait même de ses droits ne devrait pas hériter de devoirs ! Il est certain que cette attitude se situe à cents lieux du progrès triomphant de nature scientiste hérité du XIX° siècle ; Heidegger en son temps (pas si éloigné) a su mettre le doigt sur l’arraisonnement de la nature par l’homme. Ce dont parle l’article Italy rebuked for failure to prevent olive-tree tragedy (http://www.nature.com/news/italy-rebuked-for-failure-to-prevent-olive-tree-tragedy-1.22110?WT.ec_id=NATURE-20170608&spMailingID=54230088&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1181197208&spReportId=MTE4MTE5NzIwOAS2) se révèle paradigmatique d’une situation hautement préjudiciable pour la nature et l’humanité. A l’image des plaies d’Egypte, la bactérie Xylella fastidiosa subsp. pauca touche de nombreux végétaux parmi lesquels les oliviers et c’est là que la perversion humaine atteint des sommets ! En effet deux thèses parfaitement contradictoires, mais qui ont le mérite de s’inscrire dans la gestion humaine du patrimoine naturel s’affrontent. D’un côté le principe de responsabilité impose de mettre en œuvre tous les moyens pour arrêter la propagation de la bactérie afin de préserver les champs d’oliviers. Malheureusement, de l’autre côté, il s’avère que le traitement passe par la destruction des oliviers atteints. Quand parmi ceux-ci se trouvent des sujets centenaires témoins de cette nature qui doit être transmise, le principe de responsabilité interdit leur coupe et l’aporie est à son comble ….. Si l’on saupoudre de quelques autres facteurs, économiques tout autant que scientifiques, il devient réellement difficile de se sortir  de cette imbroglio ! L’homme possède un vrai don pour créer des situations impossibles …..

 

Sous les pavés, la mer …..

dimanche, janvier 11th, 2015

imagination_doodle_by_naldojunio-d73vweyParmi tous les slogans proposés en mai 68, “l’imagination au pouvoir” montre aujourd’hui encore, toute son actualité comme en témoignent deux articles que chacun, selon son intime conviction, peut prendre ou non comme complémentaires. Mais quelque soit la position adoptée, l’intérêt réside en une prise de conscience de l’accélération sans limite des acquisitions scientifiques faisant de  l’homme le double parfait de l’apprenti sorcier de Walt Disney où  Mickey devant la progression probablement géométrique de ses balais devait avoir recours à plus fort que lui. Alors, que faut-il faire en l’absence d’un tel  plus fort ? Les prévisions établies sont dépassées, Book Excerpt from The Creativity Crisis (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/41856/title/Book-Excerpt-from-The-Creativity-Crisis/), et les besoins deviennent immenses puisqu’ils suivent nécessairement les progrès techniques, Reasons to be cheerful (http://www.nature.com/news/reasons-to-be-cheerful-1.16657?WT.ec_id=NATURE-20150108). Comment dés lors peut s’exercer cette prudence si  chère à Aristote ? Le principe de précaution souvent évoqué et trop appliqué, bride l’action et n’apporte aucune réponse puisqu’il évacue la question. Les lois établies pour une prévision spécifique se révèlent inadaptées puisqu’elles se voient rapidement dépassées par la réalité ? C’est l’expression même de l’aporie. L’imagination pourrait prendre alors tout son sens, et pourtant des apories persistent, puisqu’il se présente toujours une situation où l’impasse semble être la seule solution. Alors existera-t-il à jamais des champs où le réel reléguera l’imagination dans le domaine du virtuel ?