Posts Tagged ‘cyborg’

Mirabile factu

mercredi, octobre 24th, 2018

La question n’est pas de savoir si l’on y croit mais plutôt de savoir s’étonner devant un état de fait contre lequel il risque d’être difficile de s’opposer à moins que de trouver plus de désavantages que d’avantages à la situation. De quoi s’agit-il donc ? Comme le décrit l’article Biohackers Are Implanting Everything From Magnets to Sex Toys (https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-10-19/biohackers-are-implanting-everything-from-magnets-to-sex-toys). Quand on choisit d’ignorer les bienfais des sex toys sous contrôle bio ionique il reste néanmoins suffisamment d’autres domaines d’utilisation à explorer. Progressivement l’appareillage réparateur a envahi l’humanité et si l'”Homme qui valait trois milliards” (d’après le roman Cyborg, 1972) n’est pas encore abouti, il est en voie de réalisation. Les implants sont maintenant légion et il ne viendrait à l’idée de personne de s’élever contre la pose d’une valve cardiaque artificielle, d’une lentille torique à la place d’un cristallin. Si l’implantation cochléaire précoce chez le jeune enfant a posé lui plus de questions que dire des implants que présente l’article sus cité. Armé de cette application bio technologique, point n’est besoin de clef pour ouvrir sa porte, plus n’est besoin de carte vitale, et chaque compte bancaire est devenu partie intégrante de son propriétaire.  Ainsi le cyborg n’appartient-il plus à la science fiction. Si les exemples précédents peuvent faire sourire c’est en raison d’une exploitation mercantile des applications des nanotechnologies. C’est le choix d’une course aux profits qui occulte le versant positif de toutes les possibilités offertes par ce champ de recherche. Ainsi quelles seraient les critiques que l’on pourrait faire à la nanotechnologie appliquée à la santé dans le diagnostic tout autant que la thérapeutique. Tel Ulysse qui se fit attacher au mât de son navire et rendit ses marins temporairement sourds, il faut se souvenir que le chant des sirènes  n’est qu’une “offre en apparence séduisante, mais pouvant se retourner contre celui qui l’accepte“.

Ne pas se tromper de combat !

lundi, décembre 4th, 2017

Idéaliste mais aussi parfaitement inadapté, Don Quichotte se bat avec des armes devenues dérisoires dans un monde qui ne correspond plus à son sens de l’éthique. Aujourd’hui, l’un des combats parmi ceux qui agitent la société, voit s’affronter deux visions du futur de l’homme dans une société à laquelle on devait s’attendre ! La machine en lieu et place de l’homme, devenu lui-même créateur, n’est pas réellement une nouveauté. Si le terme même de robot est une invention de l’écrivain/scientifique I. Asimov,  également inventeur des trois lois qui régissent le monde des dits robots, il existe des précédents d’abord telluriques comme Pandore, faite d’argile et d’eau, œuvre d’Héphaïstos, et le Golem. Puis apparaissent les automates qui s’améliorent progressivement depuis Héron d’Alexandrie en passant par  Jacques de Vaucanson. Il s’agit de mécaniques  de plus en plus perfectionnées dans leur réalisation mais qui ont en commun de reproduire les actions humaines de façon plus ou moins proche de la réalité. Jusqu’à aujourd’hui il n’existait aucune interface entre l’homme et sa machine mais ce n’est plus le cas et de loin. Une première étape est franchie avec le cyborg, être humain augmenté grâce aux  parties mécaniques qui lui ont été greffées. Dans cette option, le receveur est  l’être humain, et le donneur, les pièces mécaniques. Le progrès ne pouvant être arrêté l’inverse est devenu possible de telle sorte que le receveur est la machine et le donneur l’homme : vive le biohybrid autrement dit, la machine augmentée (Forget Cyborgs — Biohybrid Robots Are Almost Here , https://www.livescience.com/61058-biohybrid-robots.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20171130-ls) ! Que l’homme veuille créer un être à son image comme il fut dit que Dieu le fit à la sienne, pourquoi pas puisque l’homme envisage là sa puissance divine. Qu’à l’inverse l’homme se glisse dans la machine, l’interprétation devient plus difficile et sa signification pose question. D’où le titre : mène-t-on le bon combat ?