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Ce n’est peut-être pas vraiment étonnant !

jeudi, mai 5th, 2016

enfant-roi-2Un article récent,  The Social Origins of Sustained Attention in One-Year-Old Human Infants (http://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(16)30202-0), aborde par une de ses faces, un thème général largement et longuement débattu ; que l’on se réfère en  particulier à l’opposition maintes fois commentée qui agite depuis le siècle des lumières les rousseauistes et les voltairiens.  Il ne s’agit ni plus ni moins que de l’implication de la société dans la construction de l’individu. Ce n’est pas s’éloigner de cette question que de  constater curieusement qu’il existe deux versions concernant l’enfant élevé en dehors de la société humaine : une mythologie de l’enfant élevé par la gente animale qui se révèle différente des cas (parfois contestables) d’enfants dits sauvages. Dans le premier cas, il s’agit plus volontiers de personnages héroïques voire de Dieux de l’antiquité tels Zeus élevé par la chèvre Amalthée, ou Romulus et Remus élevés par une louve,  ce qui se rapproche également du thème de  Mowgli dans le Livre de la Jungle. Dans le second cas, l’enfant est loin de se réaliser en tant qu’individu, il est qualifié de “sauvage”. D’où l’on pourrait émettre l’hypothèse selon laquelle la société animalière permettrait à l’homme d’acquérir sa part d’humanité, ce que livré à lui-même il serait incapable de réaliser. Dans l’article cité ci dessus, l’étude porte sur une population  d’enfants âgés d’environ 12 mois soumis à différents tests  centrés sur le problème de l’attention dont l’expression passe par l’activité manuelle et les manifestations faciales, les tests étant pratiqués en présence active/passive ou en l’absence des parents. En résumé, il semble que bien qu’une attention conjointe et participative portée par les parents soit un facteur positif dans l’attention que porte à son tour le nourrisson,  et cette complémentarité entre les deux protagonistes va dans le sens d’une valorisation des acquisitions du plus jeune. Si différents facteurs comme l’attention soutenue, l’attention partagée, les mouvements oculaires, la gestuelle ont donné lieu à des mesures d’une grande précision, d’où un label scientifique accordé à la démarche, on peut douter qu’il s’agisse d’une réelle nouveauté pour les parents qui s’occupent de leurs enfants. Mais peut-on réellement imaginer que ceux qui ne s’en occupent pas changent d’attitude quand bien même on les obligerait à lire cet article dans une revue de vulgarisation !