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Il y aurait prédation et prédation !

jeudi, juillet 27th, 2017

Pourquoi la peur serait-elle mauvaise conseillère ? Il pourrait, aujourd’hui, y avoir  une réponse apportée par l’article  How fear alone can cause animal extinction (https://www.sciencedaily.com/releases/2017/07/170725122224.htm). La disparition des espèces est un sujet à l’ordre du jour, tout particulièrement en raison de l’implication dans ce processus, de celui qui est qualifié de prédateur suprême, à savoir l’homme. Certains d’entre eux, peut-être de façon un peu excessive, n’hésitant pas à promouvoir la chasse à l’homme pour redonner à la nature la place qui lui revient de droit. Quoiqu’il en soit, avant d’en arriver à cette extrémité, l’étude de l’impact de l’odeur de la mante religieuse sur la drosophila melanogaster, dont on sait par ailleurs que la première est un des prédateurs le plus craint de la seconde, est parlante. En effet on assiste rapidement à la disparition de la population des mouches qui « du fait de leur vigilance ne se nourrissent plus » d’où une chute de la reproduction. Mais c’est aussi ce que l’on  nomme l’effet Allee, du nom du zoologiste américain qui décrivit le premier (1931) ce phénomène. On ne sourira pas du cheminement intellectuel suivit par les auteurs, l’effet Allee dont il est question, est on ne peut plus intéressant. Il s’agit en effet d’une rupture avec les modèles de croissance de populations que l’on utilisait jusqu’à cette date, le modèle malthusien (croissance exponentielle) et son opposé,  le modèle de Verhulst (croissance logistique). L’effet Allee se distingue en effet du second par le fait que lorsque les populations sont de petites tailles, elles ont tendance à décroître ce qui constitue un concept opposé à celui de Verhulst. Ainsi les auteurs démontrent-ils l’existence d’un effet prédateur non pas direct, la mante se nourrissant de la mouche, mais indirect, à partir de la peur induite par son odeur. Ne pas sous estimer ce modus operandi, où le prédateur n’a même plus besoin de s’emparer de sa proie !

Peur ou pas peur ?

mardi, mars 1st, 2016

fear-manipulationUn long article (Fear of large carnivores causes a trophic cascade, http://www.nature.com/ncomms/2016/160223/ncomms10698/full/ncomms10698.html) résumé dans, Just the fear of big predators can alter an entire ecosystem (https://www.newscientist.com/article/2078511-just-the-fear-of-big-predators-can-alter-an-entire-ecosystem/?cmpid=NLC%7CNSNS%7C2016-2502-GLOB&utm_medium=NLC&utm_source=NSNSAL) traitant de l’influence de la peur sur un écosystème, est-ce réellement l’idée du siècle ? Lorsqu’il s’agit de préserver la nature, pourquoi choisirait-on de faire la part belle à certaines espèces plutôt qu’à d’autres ? On aurait alors une idée assez peu orthodoxe de ce qu’est un équilibre, ce qui justement est le but recherché ! Aussi préserver les grands carnivores ne semble-t-il pas une idée extraordinaire mais plutôt une idée parfaitement ordinaire quand on considère la cascade des événements depuis les grands prédateurs jusqu’à leurs proies. Par contre, ce qui est peut-être plus intéressant, c’est l’étude du sentiment de peur et sa traduction en terme de comportement chez l’animal. La méthodologie est simple et repose essentiellement sur la perception et l’interprétation par certaines espèces de sons émis par d’autres espèces animales ; les secondes étant des prédateurs des premières. Car il s’agit en fait de l’étape qui précède la mise à mort, celle qui avertit et permet à l’hypothétique proie de modifier son comportement afin d’échapper à son triste sort. Ainsi le contrôle au sein d’un écosystème relève-t-il peut-être tout autant de la dissuasion que de l’exécution, l’une comme l’autre exercées par les prédateurs. Mais cette aire de la peur, n’est pas la découverte en propre des auteurs Justin P Suraci et al, puisqu’ils n’ont fait que reprendre un concept déjà défini et étudié dés 2010 par sous le terme de The Landscape of Fear (The Landscape of Fear: Ecological Implications of Being Afraid , http://connection.ebscohost.com/c/articles/58601246/landscape-fear-ecological-implications-being-afraid). La peur n’est pas toujours mauvaise conseillère en tout cas chez nos amis les bêtes !