Posts Tagged ‘empathie’

L’amygdale, vous dis-je, l’amygdale …

dimanche, novembre 26th, 2017

“Qui a peur du grand méchant loup” est une comptine enfantine qui a d’autant plus fait parler d’elle, qu’elle a été composée pour le dessin animé  éponyme de Walt Disney en 1933, revu et corrigé en 1942, par Tex Avery sous le titre du Blitz Wolf. S’il offre une autre interprétation sous la forme d’une propagande anti nazie, le thème est bien resté le même : celui d’une peur vaincue pour le plus grand bien de trois personnages en but aux agissements d’un quatrième particulièrement malveillant. C’est la peur qui permet à chacun d’entre eux, en fonction de leurs moyens, de combattre l’agresseur après l’avoir reconnu comme tel. Et s’ils correspondent à un groupe particulier, celui d’une fratrie, il est possible, si l’on en croit Abigail Marsh (The Benefits of Trepidation, https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/50652/title/The-Benefits-of-Trepidation/) que l’empathie soit le moteur qui fait agir le second puis le troisième des protagonistes, chacun au secours de l’autre. La neurophysiologie a montré l’importance du complexe amygdalien dans le circuit de la peur (Le « serpent” de Joseph Ledoux, 1994) rôle parfaitement confirmé par la disparition du dit sentiment en cas de lésion de cette zone anatomique. Mais ce qui est tout aussi intéressant c’est que cette même zone est impliquée dans le phénomène de l’empathie : l’expression de la peur ressentie par un sujet est ressentie de la même façon par l’autre et chez les deux sujets il y a activation du complexe amygdalien. Ainsi l’empathie s’exprime-t-elle du fait de la compréhension de la peur de l’autre. Une lésion de l’amygdale pourrait donc être une cause de l’absence d’empathie d’où son importance sociétale. “La peur mauvaise conseillère”,  ce serait plutôt l’inverse !

L’empathie et la survie

dimanche, février 26th, 2012

Parmi les mythes fondateurs grecs, celui qui en apprend le plus sur les débuts de la condition humaine concerne le mythe de Prométhée “celui qui pense avant“. Ce titan, qui créa l’homme en a aussi été son fidèle protecteur, lui qui souffrit mille morts du fait de son frère Epiméthée, “celui qui pense après”. Pour être fragile, l’homme l’est depuis toujours et c’est aussi depuis toujours qu’il se demande ce qui le différencie de l’animal. L’homme n’est-il pas qu’un animal à deux pattes dépourvues de plumes selon Platon ! Sur quoi l’homme croit-il pouvoir fonder sa différence : la cuisson de sa nourriture, sa finitude à laquelle s’attache nécessairement le culte des morts, la faculté de conceptualisation …  Dernière en date , la notion d’empathie que l’animal ne connaîtrait pas ( Killing with Kindness |http://the-scientist.com/2012/02/01/killing-with-kindness/). D’après les auteurs ce serait elle la responsable de l’amour porté aux enfants, à la famille, voire à l’étranger pouvant permettre le dépassement ayant pour but ultime la survie. Cette qualité n’étant une vertu que dans la mesure où elle s’exerce dans le cadre de la phronesis , en dehors de laquelle, il ne s’agit plus d’une vertu mais d’un défaut. Cette théorie doit inviter à la discussion en raison de l’axiome de base : est-on en droit de faire se correspondre empathie et amour. Le ressenti de l’autre, empathie, peut-il aller de paire avec l’effacement de soi, amour, car que peut-on ressentir si l’on s’est effacé ?