Posts Tagged ‘plagiat’

Pour laver plus blanc que blanc

mercredi, octobre 10th, 2018

Si la détection de la fraude scientifique a pris une importance considérable on ne peut pourtant pas, en théorie, s’en offusquer. Un récent article soulève pourtant plusieurs questions à son propos (Fourberie des cookies, c’est pas du gâteau !, https://www.jim.fr/medecin/jimplus/e-docs/fourberie_des_cookies_cest_pas_du_gateau__174041/document_jim_plus.phtml). En ce qui concerne les publications dans le domaine scientifique on reconnaît aujourd’hui plusieurs types d’inconduites. Il peut s’agir  de falsification,  de fabrication ou de plagiat de données mais en aucun cas de ce que l’on qualifie d’erreurs scientifiques car si ces dernières sont légions elles sont aussi indispensables à la culture de la science et sont largement prises en compte dans l’épistémologie scientifique. Les demandes et obtentions de rétractation sont devenues une épreuve sportive très courue, donnant lieu à leur tour à publications comme en témoignent quelques exemples  parmi les plus récents : The Top 10 Retractions of 2015 (https://www.the-scientist.com/news-opinion/the-top-10-retractions-of-2015-34319), Top 10 Retractions of 2016 (https://www.the-scientist.com/news-opinion/top-10-retractions-of-2016-32329) Top 10 Retractions of 2017 (https://www.the-scientist.com/research-round-up/top-10-retractions-of-2017-29834), le Top 10 2018 étant très vraisemblablement en cours de rédaction. Quand on reprend les falsifications stricto sensu, une revue systématique de 2009 et une méta-analyse des données d’enquêtes ont révélé qu’environ 2% des scientifiques avaient admis avoir falsifié, fabriqué ou modifié des données au moins une fois. Le cas de l’auteur du blog Perruche met en cause le logiciel de détection du plagiat. Depuis une petite dizaine d’années, ces outils se multiplient et leur comparaison devient dès lors possible. Qu’ils soient anglophones ou francophones selon leurs zones d’exploitation il sont basés sur un processus de comparaison d’une (de) référence(s) stockée(s) parmi les bases de données des développeurs, ce qui constitue déjà une certaine limitation. Si la connaissance par l’intéressé de son utilisation a entrainé des améliorations, elle lui a aussi donné envie de contourner l’obstacle. Mais ce qui courrouce particulièrement ce responsable du travail censuré et rejeté c’est l’emploi d’une intelligence artificielle, IA,  manifestement non intelligente, IANI. Pourquoi alors, ne pas imaginer opérer en deux temps : en première ligne une IA en deuxième ligne une IH (intelligence humaine) qui vient nuancer la première pour la valider, une IAA (intelligence artificielle augmentée) en quelque sorte ! Comme l’a écrit si bien Le Monde de l’Education (https://www.lemonde.fr/education/article/2014/03/12/universites-les-limites-des-logiciels-contre-la-fraude_4381590_1473685.html), le logiciel ne doit être considéré que comme un surligneur.

 

 

 

 

Faute avouée …..

jeudi, juillet 10th, 2014

le-plagiat-pratique-honteuse-mais-contagieuse,M59440Ne pas tout jeter au panier systématiquement, la faute est humaine et peut-être pardonnée. C’est ce que l’article :  Not all plagiarism requires a retraction (http://www.nature.com/news/not-all-plagiarism-requires-a-retraction-1.15517) semble sous entendre. L’époque est à la vérification tout azimut, tant il est vrai qu’il se manifeste régulièrement ce que l’on regroupe pudiquement sous le terme général d’absence d’éthique. Mais les conduites aux quelles il est fait référence, ne sont pas identiques. Fausser des résultats est-il à mettre sur le même niveau que la pratique du plagiat, même si bien évidemment dans les deux situations, il y a vol intellectuel. Ce qui est intéressant dans  l’article de Praveen Chaddah, c’est la position bienveillante qu’il adopte par rapport à une catégorie de plagiaires dont on ne parle jamais ou très peu. Il s’agit de tous ceux (ils sont encore nombreux !) qui ne parlent qu’imparfaitement la langue dans laquelle ils veulent être publiés. La prérogative (ne parlons pas de terrorisme linguistique) de la langue anglaise dans la reconnaissance internationale reste une réalité. Faire appel à un traducteur n’est pas toujours la meilleure des solutions, pour de multiples raisons, et il peut  sembler plus approprié de reprendre la phraséologie d’un article comparable en y apportant quelques modifications mineures espérant ainsi ne pas recevoir des relecteurs  le refus tant redouté argumenté d’un “bad English !”. Quand il ne s’git pas d’un vol d’idées ou d’un vol de résultats, c’est à dire d’une démarche d’appropriation d’une propriété intellectuelle, soyez pédagogues, Messieurs les relecteurs. Expliquez aux contrevenants les fautes relevées et corrigez-les. La démarche aura le mérite d’être éducative et n’entravera en rien la carrière du chercheur concerné, bien au contraire !

Copier/coller !

vendredi, mai 24th, 2013

Il ne se passe pas de jour que la presse ne se fasse l’écho  de ce que l’on est en droit d’appeler un vol intellectuel. La technique informatique facilite des emprunts qui au demeurant ont toujours existé. Tous les lecteurs des bibliothèques d’antan étaient parfaitement au courant de pratiques identiques quand en parcourant un ouvrage ils s’apercevaient à leur grande consternation que des pages en avaient été arrachées. Quand il fallait après s’être rendu à la bibliothèque, chercher une cote puis attendre patiemment que le document demandé vous soit apporté, il ne faut plus aujourd’hui qu’interroger MR Google ou Mme Wikipédia. Ces deux personnages mettent rapidement à disposition une multitude d’informations que le lecteur s’approprie aussi rapidement qu’ils lui ont été fournis. Dans l’article  “Rampant Plagiarism in two Journals” ( http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/35662/title/Rampant-Plagiarism-in-Two-Journals/) une nouvelle étape est franchie puisque ce sont des journaux eux-mêmes qui commettent le délit. On retiendra un argument, celui du droit à  l’information des pays en voie d’émergence et de l’abandon du droit de propriété lorsqu’un article est paru ou s’affiche sur la toile, il n’en reste pas moins vrai que l’auteur lui, garde le droit d’être cité. Plusieurs tentatives de mise en commun des acquisitions scientifiques ont vu le jour avec plus ou moins de bonheur comme La Boutique de science française, partenaire du programme européen TRAMS. Par ailleurs il existe auhjourd’hui des possibilités d’accès à tous les articles dès leur parution, à condition d’être inscrit   à une ou plusieurs revues, sans le passage obligé par l’abonnement ce qui a priori (mais non a posteriori) aurait du limiter le pillage. Au moyen-âge, les moines copistes avaient recours à l’art du palimpseste, on ne peut imaginer que le copier -coller en soit la version moderne !