
Si le vers qui pense n’est pas encore pour demain, il n’en est peut-être pas si loin et s’en rapproche à grands pas, puis qu’il est capable de prendre des décisions d’une grande complexité (These 1-millimeter-long worms can make complex decisions with a mere 300 neurons). Ce qui plonge les chercheurs dans un abime de perplexité c’est le petit nombre de neurones dont est pourvu ce représentant des nématodes, le Pristionchus pacificus, de la famille des Diplogastridae. Ce cousin du Caenorhabditis elegans, avec lequel il partagerait un ancêtre commun, serait donc doué d’une puissance de réflexion redoutable surtout vis à vis du cousin cité ci-dessus. Le premier mord le second dans une intention mortelle dans le pire des cas, dans une intention plus pacifique dans le meilleur. Cette alternative serait le fruit d’une prise en compte de plusieurs facteurs que cet être vivant de un millimètre de long et possesseur de trois cents neurones, serait capable de traiter pour gérer au mieux son futur immédiat ! Ce que l’on ne sait pas avec exactitude, c’est le nombre de neurones « nécessaires et suffisants » pour une prise de décision adaptée. Mais ce qui est frappant c’est l’anthropomorphisme dont l’homme fait usage et qui ne s’est aucunement modifié depuis les récits mythiques du VIIIème siècle av. J.-C. L’homme reste le mètre étalon lorsque l’on juge des capacité intellectuelles d’un être vivant comme il est question dans l’article de Harry Baker : ainsi en est-il des termes « processus décisionnel complexe, choix ». Même si l’on met en évidence le rôle de certains neurotransmetteurs dans le processus incriminé, le vocabulaire reste celui qui sied à l’humain. Heureusement on ne parle pour le vers d’un état de prélogique évoluant vers un état de logique comme il a pu être défini pour l’homme. Le seul point positif concerne l’utilisation de ce nombre restreint de neurones qui pourrait être faite pour construire des algorithmes adaptés à l’IA.