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La girafe et le melon

samedi, septembre 16th, 2017

Jacques Henri Bernardin de Saint Pierre fut plus que l’auteur de Paul et Virginie, il professa également une théorie qualifiée de « finalisme anthropocentrique à l’œuvre dans la nature ». C’est dans cette optique que l’on peut interpréter cette citation de l’auteur selon laquelle  « Le melon a été divisé en tranches par la nature, afin d’être mangé en famille; la citrouille, étant plus grosse, peut être mangée avec les voisins« . D’où cette question encore incomplètement résolue, ce qui la rend particulièrement intrigante, et concerne la longueur du cou de la girafe ! L’ancêtre « présumé » de l’animal, le Samothérium  aurait possédé un cou intermédiaire et serait lui même le descendant  du Canthumerix également à l’origine de l’okapi (https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/grands-mammiferes/comment-le-cou-de-la-girafe-est-il-devenu-si-long_103383). Mais si seule la girafe peut se targuer d’un cou d’une longueur exceptionnelle, chacun sait que le dit cou compte le même nombre de vertèbres cervicales que la plus part des mammifères (https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/paleontologie/un-cou-intermediaire-pour-un-ancetre-de-la-girafe_101109).  La biologie a mis en évidence une combinaison génétique qui pourrait être impliquée dans ce phénomène de croissance exceptionnelle ce qui étaierait la théorie Darwinienne, mais ne répond pas réellement à la question princeps : pourquoi ? Lamarck, lui, attribuait l’allongement « à la volonté » des girafes de se nourrir dans les zones les plus riches en feuilles d’où le besoin d’atteindre les régions des arbres les plus hautes. Si l’explication peut faire sourire (cf Bernardin de Saint Pierre), la nouvelle théorie s’inscrit parfaitement dans les pas de la précédente (Giraffes could have evolved long necks to keep cool, http://www.nature.com/news/giraffes-could-have-evolved-long-necks-to-keep-cool-1.22595?WT.ec_id=NATURE-20170914&spMailingID=54915994&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1245553376&spReportId=MTI0NTU1MzM3NgS2). D’où l’on peut en déduire cette constance dans le raisonnement humain :  la recherche perpétuelle de ce qui est bon pour l’espèce !