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“Géo, trouve tout …”

mardi, février 6th, 2018

Une traduction peut ne pas être parfaitement intelligible ce qui est le cas du mot serendipity, un nom pas vraiment commun, qui fut proposé par Horace Walpole, dernier fils de Robert Walpole lord du Trésor en 1721. Le terme français sérendipité n’était toujours pas répertorié dans les dictionnaires en juillet 2016 (https://www.scienceshumaines.com/serendipite-mot-de-l-annee_fr_24741.html) et ne semble pas plus l’être aujourd’hui . Cette traduction est peu explicite, la  fortuité pourrait être plus adaptée puisqu’elle parle de quelque chose  qui intervient de façon inattendue. Les découvertes inattendues sont légion ;  il en existe un exemple qui vient immédiatement à l’esprit, celui de la découverte de la pénicilline par A. Flemming. Combien de fois n’a-t-il pas été proposé aux lycéens apprentis philosophes dans le but de pouvoir discuter de l’introduction du facteur hasard, que la démarche scientifique aurait tendance à ignorer pour certains à réfuter pour d’autres. Et pourtant l’esprit scientifique ne peut se départir d’une curiosité active et d’un esprit critique menant au doute raisonnable. L’exemple de la pénicilline est loin d’être le seul mais ce qui est frappant, quelque soit le domaine considéré, c’est la récupération d’un inattendu que l’on va incorporer dans la démarche scientifique à laquelle cette  particularité semblait ne pas appartenir. Pourrait alors intervenir la notion d’intuition intellectuelle ou intuition d’invention qui répond à l’ηὕρηκα d’Archimède. C’est dans un sens le sujet de l’article,The serendipity test (http://www.nature.com/articles/d41586-018-01405-7?WT.ec_id=NATURE-20180202&spMailingID=55891285&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1340119441&spReportId=MTM0MDExOTQ0MQS2) qui propose “l’idée un peu folle” d’un test appliqué à la sérendipité. Que l’auteur veuille convoquer l’économie au chevet d’une recherche intuitive ne doit pas cacher l’essentiel à savoir qu’il s’agit d’une réflexion princeps sur les conditions d’acquisition de la connaissance  scientifique, processus également connu sous le terme d’heuristique.

 

Découvrir

jeudi, avril 16th, 2015

6a00d8341c622e53ef00e54f05a7998833-800wiDécouvrir : ôter ce qui couvre, montrer à la vue (il ne s’agit pas là du dévoilement heideggerien). Ainsi en est-il des découvertes, qui peuvent être fruit du hasard comme, vraie solution à fausse question ou à l’inverse fausse solution à vraie question, mais dans tous les cas, d’une acquisition à prendre en compte.  Quelques exemples fameux ont marqué l’histoire parmi lesquels deux viennent immédiatement à l’esprit : l’Amérique de Christophe Colomb, la pénicilline de Flemming. D’autres sont moins connus qui appartiennent pourtant au domaine du quotidien : le four à micro ondes, le Post-it, le téflon, le velcro …. Ce que l’on sait encore moins, c’est qu’il existe un terme la sérendipité qui est le fait de « trouver autre chose que ce que l’on cherchait” (http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rendipit%C3%A9). On peut, à l’évidence, utiliser ce concept à l’encontre de la p53 comme le montre de façon particulièrement instructive parce qu’universelle, l’article Setbacks and Great Leaps (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/42463/title/Setbacks-and-Great-Leaps/). Faut-il pour autant cesser de chercher comme l’évoque de façon humoristique le dessin ci dessus ? La réponse est à l’évidence non. Depuis Aristote, l’accent a toujours été mis sur la recherche des causes premières et Descartes ne l’a certes pas contredit, lui qui a mis le doute comme démarche première avec le Cogito, ergo sum, première certitude à partir de laquelle le doute peut être utilisé comme méthode. Et donc, s’il existe une scientifique attitude,  elle ne peut résulter que d’une combinaison  équilibrée entre rigueur et doute, doute et rigueur, chacun à tour  de rôle et en refusant que le terme conclusion devienne synonyme de vérité absolue et définitive, en d’autres termes que le débat n’y trouve plus sa place.