Posts Tagged ‘reproductibilité’

Le Nouvel Esprit Scientifique

dimanche, octobre 11th, 2015

boumDeux articles viennent de paraitre et sont particulièrement intéressants par le regard qu’ils portent sur les scientifiques et leurs résultats (Let’s think about cognitive bias, http://www.nature.com/news/let-s-think-about-cognitive-bias-1.18520 et How scientists fool themselves – and how they can stop, http://www.nature.com/news/how-scientists-fool-themselves-and-how-they-can-stop-1.18517?WT.mc_id=SFB_NNEWS_1508_RHBox,). Ce n’est pas tant les remarques concernant l’utilisation des tests statistiques modernisés. La quantité des données traitées n’est plus en effet comparable à celle traitée antérieurement quand les métadonnées n’avaient pas encore droit de cité. Ce n’est pas tant le fait d’utiliser ce qui pourrait être appelé kit statistique et dont l’utilisateur ne sait pas toujours (ne sait que rarement) avec précision ce avec quoi il joue (signification des fameux 5% !). Mais bien qu’exprimées de façon plus ou moins allusives, en tous cas, par légères touches, ce qui est particulièrement important c’est ce qui tendrait à faire accroire l’hypothèse selon laquelle les différents auteurs auraient lu/relu Gaston Bachelard (Regina Nuzzo, auteur du second article est professeur de statistique et journaliste scientifique indépendante). Car en effet quels sont les grands thèmes évoqués ? L’idée a priori, la construction de l’expérimentation, le résultat attendu, la confiance et son corollaire, la déception. Pour finir, il y a  ce qui ressemble à une vraie nouvelle idée : celle qui explore le scientifique tel qu’en lui même, à savoir ce que l’on pourrait appeler autobiais intellectuel, et dont il aurait du mal à prendre conscience pour pouvoir s’en débarasser. Ainsi la science s’organiserait-elle selon le trépied suivant : la rupture épistémologique selon Gaston Bachelard, la demande impérative de véracité selon Karl Popper, et le chercheur lui-même qui introduirait à son insu son propre biais intellectel.

Ombrage verbal et reproductibilté

vendredi, novembre 7th, 2014

52b1b528a6493Il a toujours été sous entendu qu’une expérience se doit de pouvoir être reproduite, non seulement par les expérimentateurs eux même mais aussi par des expérimentateurs étrangers. Aujourd’hui plus que jamais la non reproductibilité des résultats d’une expérience est synonyme de falsification. Il s’agit là d’un thème cher à l’épistémologie dans le cadre de la théorie de la connaissance avec comme corollaire la transmissibilité de cette connaissance. Karl Popper, au siècle dernier,  s’est intéressé à la recherche scientifique en explorant la proposition scientifique dans sa réfutabilité ou falsifiabilité. Une proposition peut être qualifiée de scientifique si elle est réfutable. Et dans ces conditions, il ne sert à rien de multiplier les faits qui s’accordent dans la mesure où selon sa théorie, la science avance par conjectures et réfutations.  Le sujet abordé dans l’article : Metascience could rescue the ‘replication crisis’ (http://www.nature.com/news/metascience-could-rescue-the-replication-crisis-1.16275) pourrait bien être une branche de cet arbre touffu de la connaissance scientifique dans la mesure où il investigue  le problème de la robustesse de la recherche par le biais des publications. Comme l’auteur le rappelle cet aspect avait été déjà envisagé en psychologie comme en témoigne l’article: Description verbale et identification du suspect : l’ombre des mots sur le souvenir du visage (http://psychotemoins.inist.fr/?Description-verbale-et,8). Cette ombre des mots va entrainer une information trompeuse générée par le sujet lui même au moment de la description. C’est un effet semblable qui se produirait avec la recherche de reproductibilité dans les expériences scientifiques lorsqu’elles sont rapportées à plusieurs reprises. Reproductibilité positive contre reproductibilité négative et controverses à propos des théories de l’occultation verbale sont les deux faces d’une même médaille, celle qui s’attache à la science en mouvement.