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dimanche, juin 12th, 2011

Comment montrer que le domaine scientifique est un et que la médecine en fait partie ?
Comment nier que le désir de connaissance est inscrit dans la nature humaine et que l’Homme ne peut choisir entre être sujet ou objet de cette quête : il est nécessairement sujet et objet, dans des temps à la fois identiques et différents.
Comment résoudre la dialectique : théorie-pratique ou encore sujet-objet ?
Comment penser l’Homme sans l’étudier ? Et donc comment l’étudier ?

En raison d’un esprit de classification dont on ne peut nier qu’il soit le propre de la médecine, l’étude de l’objet-homme passe par son propre découpage, celui de l’homme-sujet, selon des échelles de vision qui se sont affinées avec les progrès de la technique. Mais il parait que le puzzle ainsi reconstitué ne peut pas être l’Homme. C est la raison pour laquelle le thème de la biomédecine au sein de sa société pourrait être un bon exemple de la problématique soulevée. Car il existe un rapport fort entre ces deux termes sans que l’on puisse faire la part de ce qui revient à la société et sa médecine, ou à la médecine et sa société. Il y a loin de la médiatisation accordée à une scientifisation de la médecine et les avancées scientifiques d’une médecine à l’écoute de l’humanité.

Pour la première fois, la technicité permet de replacer l’Homme dans la fluence du temps, par la possibilité qu’elle donne de faire agir simultanément plusieurs facteurs. Les progrès réels ne sont pas ceux que l’on désire pour soi, mais ceux que l’on souhaite pour les autres. Cette attitude est voulue : il est plus facile d’entretenir une utopie qui permet d’échapper au vivre que de s’appliquer à vivre ce vivre. Elle permet/oblige à/induit la déresponsabilisation de l’individu qui pourra se permettre un non vivre dans l’espoir d’un avenir meilleur. La non éthique de la médecine dite scientifisée est celle de ces marchands de rêve qui administrent cette dite médecine. Elle est aussi le fantasme de tous ceux qui ont accepté de pratiquer l’heuristique de la peur, en oubliant que la vulgate enseigne depuis toujours que la peur n’évite pas le danger. Les prétendues vérités scientifiques des différentes époques sont en fait des vérités relatives : c est la notion d’absolu qu’on leur applique qui les falsifie. Elles sont utiles aux découvertes ultérieures. Qu’elles soient infirmées ou confirmées, elles font partie de l’humus indispensable à la croissance de l’avenir.

Les vérités scientifiques en médecine existent quoi qu’on en dise : elles sont l’avenir de l’Homme.