Archive for the ‘Non classé’ Category

Avant l’IA c’était comment?

lundi, mars 26th, 2018

En 1869, Mendeleïev, âgé de 35 ans publie le tableau éponyme, Classification périodique des éléments. Cette classification reposait sur le principe suivant : Les éléments, lorsqu’ils sont disposés selon leur masse atomique, montrent une périodicité apparente de leurs propriétés. John Newlands avait déjà abordé cette voie en 1863, en publiant un premier tableau où les éléments chimiques étaient classés selon leurs masses atomiques relatives. Et en 1865 la loi dite des octaves établissait que les propriétés chimiques d’un élément de la table se retrouvent tous les huit éléments. Nul n’étant prophète en son pays c’est Mendeleïev qui fut cru et Newlands brocardé. Mais ce qui différencia Mendeleïev d’un autre chimiste travaillant dans le même domaine, Julius Lothar Meyer, fut l’introduction d’une prédictivité selon laquelle on devait s’attendre à la découverte de nombreux éléments jusqu’ici inconnus. C’est en s’appuyant sur l’existence de cette périodicité que la prédiction dû de se réaliser : rapidement trois éléments purent être découverts, le gallium, le scandium et le germanium. Certainement ébloui par cette performance qui ne devait rien à la technique mais tout à l’esprit de raisonnement,  Simon Roux ,  (http://www.theses.fr/2013CLF22380) ainsi que Deyvid Amgarten viennent de combiner métagénomique (La révolution métagénomique, https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-revolution-metagenomique) et IA. Cent cinquante après le tableau de Mendeleïev cette combinaison devrait se révéler aussi magique car elle serait capable d’établir la responsabilité de virus aujourd’hui (mais plus pour longtemps !) méconnus dans des pathologies d’étiologie inconnue (Machine learning spots treasure trove of elusive viruses, https://www.nature.com/articles/d41586-018-03358-3?utm_source=briefing-dy&utm_medium=email&utm_campaign=briefing&utm_content=20180320). Pareillement armé, Mendeleïev aurait-il fait mieux?

Quel avenir pour l’asymétrie

mardi, mars 20th, 2018

On ne sait pas grand chose concernant l’asymétrie que l’on constate sans pouvoir l’expliquer. Contraire non contestable  de la symétrie, la tendance première serait de ne l’envisager qu’en terme de représentation visuelle alors qu’en réalité l’asymétrie se retrouve dans de nombreux domaines aussi éloignés les uns des autres que l’art, la biologie, la société,  la physique, la chimie à laquelle appartient la chiralité de Pasteur. En Mars 2018, s’est tenu à Nice le premier symposium européen sur l’asymétrie  (Asymmetry symposium unites economists, physicists and artists, https://www.nature.com/articles/d41586-018-03254-w?utm_source=briefing-dy&utm_medium=email&utm_campaign=briefing&utm_content=20180319) qui “visait à réunir nombre d’experts afin de faire progresser notre compréhension transdisciplinaire des phénomènes liés à l’asymétrie” donnant lieu dans la presse au commentaire suivant “L’occasion était donc donnée à cette communauté de se rencontrer, d’échanger autour de préceptes qui demandent à être affinés par une approche transdisciplinaire. Biologistes, physiciens, informaticiens, chimistes, mathématiciens… et même artiste ! Tous ont pu appréhender avec intérêt les présentations données sur des thèmes vastes tels que l’origine et l’évolution de la vie asymétrique, l’amplification asymétrique, les structures asymétriques, l’asymétrie économique et artistique…”. Ainsi l’asymétrie pourrait elle être dite fondamentale puisque présente voire indispensable (?) depuis l’univers primordial. Si pour Pascal ” … la symétrie plait à l’âme, c’est qu’elle lui épargne de la peine, qu’elle la soulage”, l’asymétrie, quant à elle, c’est l’étrangeté, la vie,  c’est “La beauté du diable” pour le physicien Franck Close en référence à un univers qui aurait du être parfait ! Est-on en droit de proposer que l’introduction de l’asymétrie dans l’art  a permis une dynamique qui explose dans l’Op Art où la dissociation entre l’objet et sa vision revisitée par le cerveau crée une illusion visuelle pouvant aller jusqu’au malaise ? Que vive donc l’asymétrie !

Question de fonctionnement

dimanche, mars 18th, 2018

Comment ça fonctionne est une question fréquente quelque soit l’âge de celui qui la pose. Il n’y a pour y répondre que deux possibilités : soit le désassemblage des parties de l’ensemble est possible soit il ne l’est pas. Dans l’arbre décisionnel cette seconde option éteint la poursuite tandis que la possibilité d’un réassemblage ouvre un autre champ celui de la conformité de l’ensemble réassemblé à l’ensemble natif. Chez l’homme l’intrication structures/rôles relève du défi, c’est la raison pour laquelle les études ont depuis longtemps requis de nombreuses entités vivantes à partir desquelles on pratique avec constance le raisonnement analogique selon lequel : A est à B ce que C est à D. Même si ce raisonnement ne peut être adopté pour toutes les situations, il est évident qu’il a été largement exploité chez l’homme, en particulier en ce qui concerne l’étude des fonctions supérieures. Il est vrai qu’il existe une autre possibilité, celle de constater la responsabilité d’une structure dans la disparition d’une fonction comme il peut en exister dans certains processus pathologiques ou traumatiques. Mais la relation une structure/une fonction s’est souvent avérée simpliste et il reste bon nombre de zones d’ombre. L’article Stressed Rodents Make Different Choices (https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/51905/title/Stressed-Rodents-Make-Different-Choices/&articles.view/articleNo/51905/title/Stressed-Rodents-Make-Different-Choices&utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=61280131&_hsenc=p2ANqtz-_un8j2dNq4IcobMPiLBYd82NAbdVKcn34X16KyhHG6kC_w7FZGaFLMdLgWCOl73MvDczjymruooYzEgzL19zqXxGTCOw&_hsmi=61280131) tente de répondre à une question sans frontière, celle du choix quand on se réfère à la définition des psychologues celui du «conflit coûts-avantages». C’est la gente murine, déjà bien connue de l’homme qui la met depuis longtemps dans des situations qu’il éviterait de s’imposer à lui même, qui a été mis à la tâche. Un rat/une souris en situation de stress chronique prendra (prendront) ultérieurement des décisions plus risquées que normalement. L’étude expérimentale se double de l’étude de syndromes déficitaires humains et d’imageries fonctionnelles plus modernes. Les bonne vieilles recettes sont donc encore d’actualité, ce qui valide les plus anciennes conduites selon le même protocole tandis que les questions restent les mêmes, les résultats pourront-ils être secondairement appliqués à l’homme ?

 

 

 

Mais pourquoi donc ?

mardi, mars 13th, 2018

Il est loin d’être anodin de se poser la question suivante : “Pourquoi les fausses nouvelles se propagent-elles plus rapidement que leurs contraires ” ? ( ‘News’ spreads faster and more widely when it’s false, https://www.nature.com/articles/d41586-018-02934-x?utm_source=briefing-dy&utm_medium=email&utm_campaign=20180309). C’est le sujet de l’article sus cité, “…Une analyse récente des nouvelles sur Twitter a montré que les fausses informations peuvent toucher jusqu’à dix mille individus tandis que de vraies informations n’en toucheraient que mille. Par ailleurs cette étude montre également que la vitesse de propagation des premières est six fois plus rapide que celle des secondes“. Son auteur, Philip Ball y reprend un thème qui lui est cher, l’interaction individu/société, encore appelée effet de paire, pour lequel on peut adopter la définition utilisée dans le monde de l’éducation à savoir : pairs : agents avec lesquels un individu est en interaction. Il est question de cette interaction sociétale dans son livre intitulé “La masse critique: comment une chose mène à l’autre” où l’auteur interprète la société comme un matériau régi par les lois de la physique. Dans cette optique les individus peuvent être assimilés à des molécules/des atomes qui s’entrechoquent ce qui permet alors leur traitement selon des modèles statistiques. Cette façon d’envisager la société n’est pas à proprement parler nouvelle, puisque l’auteur convoque à charge et à décharge de cette théorie plusieurs penseurs dont les plus connus comme  Hobbes et Comte. En 2015, un article Information Is Contagious Among Social Connections parait dans Association for Psychological (https://www.psychologicalscience.org/news/releases/information-is-contagious-among-social-connections.html, et  https://actualite.housseniawriting.com/science/2015/11/16/linformation-est-contagieuse-parmi-les-connexions-sociales/10552/).Il en ressort bel et bien que l’on peut comparer la propagation des informations au sein des groupes sociaux à celle de la contagiosité qui caractérise le phénomène épidémique. Mais si l’on adhère à une telle hypothèse on ne peut que chercher à en identifier le(s) germe(s) responsables. Et si ce sont effectivement les sentiments de peur, de dégoût et de surprise qui sont à l’origine du succès des fausses nouvelles, on a toute raison d’être inquiet !

Robot trop humain vs humain trop robot !

samedi, mars 10th, 2018

La distinction entre robot humanoïde et androïde n’est pas rigoureusement claire quand il peut être question aussi bien de l’un que de l’autre en particulier dans la littérature de science fiction. On pourrait dire que : le robot humanoïde est une machine dont l’apparence se rapproche de celle de l’homme, tandis que l’androïde est un robot à forme humaine comme l’atteste le qualificatif  “androïde” quand l’enveloppe est masculine, et “gynoïde” quand l’enveloppe est féminine (Humanoïdes et androïdes : Définitions, http://ia-2011tpe.e-monsite.com/pages/les-robots/humanoides-et-androides-definitions.html). En réalité le problème ne vient pas tant de la forme que du fond de ces presque nouveaux personnages et en particulier de la présence ou de l’absence d’une qualité, si peu partagée qu’elle ne peut être qualifiée de commune, l’empathie. Les androïdes de Ph K. Dick ont-ils la capacité de “se mettre à la place de l’autre ” :  c’est ce que Rick Deckard recherche dans sa quête destructrice. S’il utilise le test imaginaire dit de VOIGT-KAMPFF, ce denier repose néanmoins sur un test lui bien réel, le test de TURING (1950) utilisé dans un débat prémonitoire, à cette date, de la possibilité d’une Intelligence Artificielle (IA). Si ce test “simple” a été depuis sa description largement critiqué (http://www.artificiel.net/test-de-turing), il n’en reste pas moins le témoin d’une question majeure concernant dualisme et matérialisme de l’esprit humain. C’est pourquoi cette question se pose aujourd’hui avec d’autant plus d’acuité que l’IA en envahissant  la société crée une nouvelle interface entre deux entités ontologiquement différentes, homme vs machine. C’est aussi la raison pour laquelle l’article Where Blade Runner began: 50 years of Do Androids Dream of Electric Sheep? (http://www.nature.com/articles/d41586-018-02695-7?WT.ec_id=NATURE-20180309&spMailingID=56151484&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1361248578&spReportId=MTM2MTI0ODU3OAS2) mérite d’être lu. Il introduit en effet une nouvelle dimension : celle qui considère ces nouveaux liens que l’homme pourrait tisser avec sa machine pouvant modifier le statut de chacun des protagonistes. Ce qui se traduit in fine par le problème de la robotisation humaine, problème évoqué en son temps et à sa façon par Chaplin !

Mythes, Fables et Légendes

mardi, mars 6th, 2018

Difficile d’établir une réelle frontière entre mythes, fables et légendes. Ainsi en est-il de l’Atlantide, cette île si extraordinaire décrite par Platon. Si l’on peut, la concernant, ne pas à proprement parler la qualifier de fable, quels sont les éléments en présence qui permettent de choisir entre mythe et légende ? Si chacun d’eux s’empare du merveilleux chacun le traite différemment bien que tous deux reposant sur une transmission orale. Il existe pourtant une différence fondamentale : la légende est un récit fictif, le mythe s’appuie sur une réalité inexplicable qu’il tente de rationnaliser dans le but d’une signification à l’échelle humaine. Enfin si la légende est âgée, le mythe, plus âgé encore, se situe dans les temps primordiaux, dans le temps des commencements. L’Atlantide qui s’est vue qualifiée tout autant de mythe que de légende appartient à deux des dialogues de Platon,  le Timée puis le Critias. Il s’agit en fait d’une construction de la pensée destinée à la démonstration que l’âge d’or d’une humanité vertueuse peut par dérives successives sombrer dans la malfaisance appelant/nécessitant la punition divine. Elle jouit certainement d’un statut à part puisqu’elle a donné lieu à tout autant de questions d’ordre  philosophique que d’expéditions  maritimes en vue de situer ses vestiges. L’article de Benjamin Radford (‘Lost’ City of Atlantis: Fact & Fable, https://www.livescience.com/23217-lost-city-of-atlantis.html#?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=03012018-ls) est-il en mesure de tordre le cou à une construction intellectuelle si riche qu’elle alimente spiritualité comme matérialité depuis si longtemps ? Il faut espérer que non, pour garder intact tout thème qui induit l’homme à se poser des questions intemporelles, comme celle de savoir si l’ile de l’Atlantide correspond à une légende ou à un mythe (L’Atlantide a-t-elle existé ? https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/030432579494-latlantide-a-t-elle-existe-2104338.php).

Rien de neuf sous le soleil

mercredi, février 28th, 2018

Les représentations pariétales de l’art rupestre se sont imposées comme art du paléolithique au début du XIX° siècle après des polémiques tenant essentiellement à la non reconnaissance première de leur véracité. Leur interprétation est encore sujette à hypothèses et repose essentiellement sur la signification que l’on accorde à l’image pour l’humanité, symbolique, votive, ou simple prise de conscience d’un environnement. Quoiqu’il en soit, il s’agit bel et bien d’un art puisque la nature n’en est pas l’exécutant. Le dessin chemine donc de concert avec l’homme depuis peut-être trente mille ans sans que celui ci ne s’en lasse ; l’écriture n’est-elle pas par ailleurs dessin ! Pas plus Gutenberg et ses caractères mobiles que Nicéphore Niepce et son procédé héliographique n’ont été en mesure d’empêcher l’homme de dessiner. Le dessin quand il est scientifique tient lui aussi une place importante en raison de son rôle didactique non dénué d’une réelle esthétique comme en témoignent les publications anciennes. Ainsi les Archives de Ramon y Cajal et de l’Ecole Histologique Espagnole (http://www.unesco.org/new/fr/communication-and-information/resources/multimedia/photo-galleries/preservation-of-documentary-heritage/memory-of-the-world-nominations-2016-2017/spain-archives-of-santiago-ramon-y-cajal-and-the-spanish-neurohistological-school) ont-ils fait l’objet d’une communication à l’UNESCO dans le domaine “Mémoire du Monde” en 2017.  Quelle ne devrait pas être la fierté retrouvée de tous ces illustrateurs s’il leur était donné d’avoir connaissance de l’article The comeback of hand drawing in modern life sciences. Il s’agit en fait du projet Cytopic :  Dessiner les sciences du vivant  (https://explore.univ-psl.fr/fr/thematic-focus/dessiner-les-sciences-du-vivant-le-projet-cytopic) dont le but est essentiellement didactique rejoignant ainsi la grande lignée de tous les dessinateurs scientifiques. Alors les illustrations étaient l’expression d’observations précises et multiples et ceux qui les réalisaient étaient également des artistes admirés. Le sensible y est glorifié par une observation du modèle qui permet et invite à l’apprentissage. Et qu’est-ce que l’apprentissage sinon une voie qui mène à la connaissance.

Une nouvelle cocotte qui n’est pas en papier !

samedi, février 17th, 2018

Il n’est pas d’enfant qui ne connaisse le mot “origami” et sa signification sans aucunement pratiquer la langue de l’Empire du Soleil Levant. A la question “qu’est-ce qu’un origami”, la réponse se doit d’être “pliage de papier”. Rien de plus simple en apparence, mais en apparence seulement car certaines figures obtenues relèvent de l’œuvre d’art.  Mais cet art vieux de plusieurs siècles sait aussi faire preuve d’adaptation en choisissant un nouveau domaine d’application, celui de la biologie. Akira Yoshizawa  serait le créateur d’au moins 50 000 pliages différents ainsi que du système international Yoshizawa-Randlett (1950), qui permet de coder les différents plis de l’origami à partir de  symboles et diagrammes représentant  le processus de création d’un pliage. Paul Rothemund, nouveau maitre en origami (2006) modèle des structures bi- ou tridimensionnelles en utilisant une longue chaîne d’ADN viral. Origamiste un jour, origamiste toujours, on est en droit d’écrire qu’il n’y a aucune différence entre maitre Akira Yoshizawa et Paul Rothemund puisque les œuvres de ce denier ont fait l’objet d’une exposition au MOMA (https://www.scientificamerican.com/article/dna-origami/). Mais un artiste a plusieurs domaines d’expression et le support conditionne la finalité de l’objet composé. Ainsi en est-il des pliages d’ADN que Yan et ses collègues, à la suite des travaux de Paul Rothemund, ont utilisés pour mettre au point un nano robot tubulaire destiné à cibler un site tumoral (DNA Robots Target Cancer, https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/51717/title/DNA-Robots-Target-Cancer/&utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=60643722&_hsenc=p2ANqtz-81hoCW1sTkkz1uBjLG-49sP0jiu7R1Si5_wANCSbvdGT-skw5zZ1iGM-VnV8t1WVcW6fna9y8zIiRKhin_O0N0bYEbbQ&_hsmi=60643722/). Quelques vérifications avant embarquement sont peut-être encore nécessaires mais les spectateurs du Voyage Fantastique ne risquent pas d’être étonnés, ils vont simplement échanger le Proteus (https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Voyage_fantastique_(film,_1966) contre un moyen plus moderne de locomotion !

“… dessine moi une fleur…”

lundi, février 12th, 2018

Paléontologie :  discipline scientifique qui étudie les restes fossiles des êtres vivants du passé et les implications évolutives ressortant de l’étude de ces restes (https://fr.wikipedia.org/wiki/Pal%C3%A9ontologie). Tout ce qui touche le vivant, touche l’homme et le monde végétal a tout autant droit que le monde animal à son attention. Ainsi la paléobotanique analyse-t-elle les structures végétales fossilisées. Le domaine est ancien, Aristote lui-même ne distinguait-il pas les plantes qui ne se déplaçaient pas contrairement aux animaux ce qui témoigne d’une fine observation ! C’est en effet grâce à elle que se mettent en place ressemblances et différences, point de départ des toutes premières classifications. Reste néanmoins à établir, et c’est forcément beaucoup plus difficile ce qui était avant ce que l’on a sous les yeux. C’est la raison d’un ambitieux projet dénommé eFlower (https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://eflower.myspecies.info/&prev=search) répondant à une base de données de caractères floraux alimentée par plusieurs équipes de chercheurs. Et aujourd’hui comme hier, quand on ne sait pas on imagine, sauf que les prédictions tendent à se rapprocher d’une réalité en raison  de l’utilisation d’outils qui n’ont plus rien de la boulle de cristal. C’est cette nouvelle façon de faire qui introduit un différentiel entre “une réalité et la réalité” comme le souligne l’article Debate blooms over anatomy of the world’s first flower (http://www.nature.com/articles/d41586-018-01539-8?WT.ec_id=NATURE-20180209&spMailingID=55939187&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1341194322&spReportId=MTM0MTE5NDMyMgS2). Mais le problème soulevé est de taille puisqu’il pose une question aussi vieille que l’utilisation des statistiques elles-mêmes  : ce qui est statistiquement possible peut-il être ipso facto biologiquement possibles ? Existe-t-il des arguments recevables et convaincants, ou bien est-on confronté une fois encore à une infernale aporie ?

“Géo, trouve tout …”

mardi, février 6th, 2018

Une traduction peut ne pas être parfaitement intelligible ce qui est le cas du mot serendipity, un nom pas vraiment commun, qui fut proposé par Horace Walpole, dernier fils de Robert Walpole lord du Trésor en 1721. Le terme français sérendipité n’était toujours pas répertorié dans les dictionnaires en juillet 2016 (https://www.scienceshumaines.com/serendipite-mot-de-l-annee_fr_24741.html) et ne semble pas plus l’être aujourd’hui . Cette traduction est peu explicite, la  fortuité pourrait être plus adaptée puisqu’elle parle de quelque chose  qui intervient de façon inattendue. Les découvertes inattendues sont légion ;  il en existe un exemple qui vient immédiatement à l’esprit, celui de la découverte de la pénicilline par A. Flemming. Combien de fois n’a-t-il pas été proposé aux lycéens apprentis philosophes dans le but de pouvoir discuter de l’introduction du facteur hasard, que la démarche scientifique aurait tendance à ignorer pour certains à réfuter pour d’autres. Et pourtant l’esprit scientifique ne peut se départir d’une curiosité active et d’un esprit critique menant au doute raisonnable. L’exemple de la pénicilline est loin d’être le seul mais ce qui est frappant, quelque soit le domaine considéré, c’est la récupération d’un inattendu que l’on va incorporer dans la démarche scientifique à laquelle cette  particularité semblait ne pas appartenir. Pourrait alors intervenir la notion d’intuition intellectuelle ou intuition d’invention qui répond à l’ηὕρηκα d’Archimède. C’est dans un sens le sujet de l’article,The serendipity test (http://www.nature.com/articles/d41586-018-01405-7?WT.ec_id=NATURE-20180202&spMailingID=55891285&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1340119441&spReportId=MTM0MDExOTQ0MQS2) qui propose “l’idée un peu folle” d’un test appliqué à la sérendipité. Que l’auteur veuille convoquer l’économie au chevet d’une recherche intuitive ne doit pas cacher l’essentiel à savoir qu’il s’agit d’une réflexion princeps sur les conditions d’acquisition de la connaissance  scientifique, processus également connu sous le terme d’heuristique.