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Des biais pour tous

samedi, février 6th, 2021
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L’étymologie n’en est pas connue avec certitude, mais le terme évoque la notion d’obliquité, la perte d’une direction droite. Ainsi en est-il en couture : pour faire un biais, on doit couper en diagonale ce qui donne de l’élasticité au produit obtenu. En statistique, un biais est une démarche qui introduit une (des) erreur(s) dans le (s) résultat(s)s d’un étude. Quant au biais cognitif (très à la mode) il concerne une déviation de la pensée logique. Quelque soit le sujet auquel on se réfère quand on évoque un biais, on sous-entend une mauvaise direction cause d’une finalité dévoyée. Les études scientifiques ne sont pas exemptes de ce défaut et on insiste sur l’importance des biais de recrutement d’où une altération des résultats avec comme corollaire la possibilité d’un problème éthique sous jacent. Aujourd’hui ce problème éthique est évoqué à propos des études en éthologie animale (ICYMI: STRANGE Framework Addresses Bias in Animal Behavior Research) ayant abouti à la mise en place du cadre STRANGE : Social background; Trappability and self‐selection; Rearing history; Acclimation and habituation; Natural changes in responsiveness; Genetic make‐up; and Experience. Le protocole ainsi défini est particulièrement ambitieux et en complète deux autres qui l’ont précédé : PREPARE et ARRIVE. Tous les amoureux de la nature, augmentés ou faisant partie des amoureux de l’exactitude des protocoles expérimentaux animaliers ne peuvent que se réjouir. Néanmoins on se pose la question suivante : par exemple, comment était-il possible d’ignorer que la capture d’animaux sauvages modifiait leur comportement ? De la même façon, comment était-il possible d’ignorer que le recrutement de sujets exclusivement masculins et caucasiens n’était pas représentatif ? D’où des résultats biaisés dans les deux cas. Quelle signification doit-on attribuer à une si longue “ignorance” ?

Recrutement : de quel biais parle-t-on ?

mardi, juin 30th, 2015

etre-unique-thumb-2013-11-27-10-40-36Essais de phase I/II/III/IV, biais de recrutement, échantillonnage, tous termes dont la signification est lourde de conséquences au sein des équipes médicales impliquées dans le domaine des essais cliniques. L’échantillonnage est la première étape de toute étude clinique, expérimentale, épidémiologique et il est par ailleurs de bon ton de savoir combien d’individus doivent être recrutés et dans quelles conditions, pour utiliser les tests statistiques même les plus simples. Aujourd’hui il se pourrait bien que l’on revienne sans scrupules sur des notions devenues obsolètes pour cause d’avancées techniques en particulier dans le domaine de la génomique (Clinical Matchmaker, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/43062/title/Clinical-Matchmaker/). Ainsi lorsque les résultats d’un essai clinique s’avèrent décevants, mettant en péril l’utilisation de la substance testée, faut-il se rapprocher de l’idée que la génomique signe l’individu unique conduisant à une nouvelle façon d’opérer, l’essai adaptatif,  défini comme suitmodifier éventuellement certains aspects, sans compromettre la validité et l’intégrité de l’essai (Les méthodes adaptatives : quand et comment les utiliser dans les essais cliniques http://www.journal-therapie.org/articles/therapie/pdf/2011/04/th111988.pdf). Il ne s’agit en aucune façon d’une simplification , bien au contraire, et ce procédé nécessite le recours à des organismes de réglementation. Il n’en reste pas moins vrai que c’est la biologie qui redonne à chacun la place d’être à part entière. Après avoir défini une maladie par des signes communs au plus grand nombre, le bon sens commun s’explique enfin : pourquoi lui n’a-t-il pas réagit comme l’autre ? Tout simplement parce que lui n’est pas l’autre !