Alors que les chercheurs sont en passe de comprendre les mécanismes qui permettent au caméléon de modifier ses couleurs (How Chameleons Change Colors, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/42396/title/How-Chameleons-Change-Colors/), dans le même temps, d’autres chercheurs mettent au point un matériau textile ayant la qualité de changer de couleur (Chameleon Skin Mimic, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/42455/title/Chameleon-Skin-Mimic/). Et il semble bien que dans l’une comme dans l’autre de ces deux études le processus en cause soit comparable. Pas plus dans un cas que dans l’autre le changement ne repose sur la quantité de pigments mais chez le caméléon sur des différences de position relative de micro canaux et dans le cas du textile sur une modification de la surface pour jouer avec les interactions entre les ondes lumineuses. Si le caméléon utilise cette capacité pour se fondre dans la nature, il s’en sert également pour exprimer ses émotions. L’homme qui a besoin de se fondre dans la nature, pour des raisons plus ou moins avouables, aura la possibilité de le faire plus rapidement, pour ce qui est de ses émotions, voudra-t-il se servir de cette option ? Quoiqu’il en soit, il n’existe qu’un seul modèle, la nature dont l’homme sera toujours le fidèle imitateur !
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Un caméléon, ça trompe …
mercredi, mars 18th, 2015Ethique, quand tu nous tiens …
dimanche, décembre 14th, 2014
Les droits des animaux seraient-ils mieux encadrés et donc préservés que les droits des humains quand ceux-ci sont sujets d’expérience ? L’ETHIQUE, mot dont on peut penser qu’il est à la mode tant il est devenu sujet de déclarations sans exclusion de domaines, et dont il est convenu de se servir en particulier quand on utilise un être vivant dans le but d’éviter toute chosification (réification). Le problème majeur étant de savoir comment il convient de servir le principe même que recouvre le mot. Aristote est dans cette affaire un des premiers à avoir envisagé les différents champs de l’Ethique pour en faire un mode de vie harmonieux tant au niveau individuel qu’interindividuel : se conduire de telle sorte que l’on atteigne le but ultime, celui du plein épanouissement de l’individu au sein de la société. Il est évident que dans ces conditions, comment faut-il comprendre l’éthique appliquée à la recherche (Ethical overkill, http://www.nature.com/news/ethical-overkill-1.16513?WT.ec_id=NATURE-20141211) ? Les règles à suivre doivent-elles être éditées par un organisme et gravées dans le marbre, alors que chaque équipe aurait plutôt tendance à exposer ses règles en les qualifiant d’éthiques ? Car sous le terme éthique on sous entend également un autre type de protection que celui du sujet, à savoir la protection de celui qui conduit l’expérimentation. Mais un dernier volet s’est fait jour : le volet économique qui voudrait qu’un bureau centralisé d’éthique soit moins onéreux que plusieurs officines ! On en arriverait donc à cette notion inattendue, à coup sur non envisagée par Aristote, du coût de l’éthique ! Même si l’on s’en offusque de principe, la prise en compte des possibilités de la datamasse (big data) fera qu’il deviendra impossible de l’ignorer.
C’est pas moi …..
mardi, octobre 14th, 2014
Le franglais comme la novlangue ont leurs utilisateurs et leurs détracteurs, mais qu’en est-il de certains mots d’un vocabulaire imagé et rigoureusement français des siècles précédents ? Ainsi aujourd’hui sait-on encore ce que signifie le mot « pucier « ! Peut-être serait il bon d’en expliquer la signification car il se pourrait bien que ce substantif revienne d’usage courant. Quand l’argot touche à l’universel, on se pose la question de savoir pourquoi ! Argot : Pucier : de puce avec le suffixe -ier, allusion au fait que le lit peut parfois être l’« habitat » de la puce (Wiktionnaire),. Universel : la part de l’homme dans l’évolution. L’article d’Emily Monosson pourrait y répondre. Si le pucier d’hier n’a disparu que pour réapparaitre plus vivant que jamais, c’est parce que l’homme compte pour une part à la fois non négligeable mais aussi difficilement quantifiable dans les processus de l’évolution (Sleep Tight, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/41005/title/Sleep-Tight/) ! Qu’il soit impliqué depuis la nuit des temps, en substance depuis son apparition semble une évidence, la sélection naturelle aurait un sens restreint si l’on n’entendait par là qu’une nature dont l’homme serait absent, puisqu’il fait partie intégrante de la dite nature. Pour ne pas aller jusqu’à la position qui voit dans la disparition de l’homme la survie de la terre, il sera toujours bon de continuer à recenser pour les minimiser au mieux les facteurs humains impliqués. Ce qui aurait aussi par retour un effet utile pour l’homme en propre !
Éthique et robotique
lundi, septembre 22nd, 2014
En 1942, Isaac Asimov élaborait les trois lois de la robotique : 1 : Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger, 2 : Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la Première loi, 3 : Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la Première ou la Deuxième loi. On peut se poser la question de savoir où se situent aujourd’hui les rapports qui unissent l’homme et sa créature le robot, à la lecture du récent article, Ethical trap: robot paralysed by choice of who to save (http://www.newscientist.com/article/mg22329863.700?cmpid=NLC%7CNSNS%7C2014-0918-GLOBAL&utm_medium=NLC&utm_source=NSNS&#.VB_Lc11xlYc), écrit par Alan Winfield (http://www.ias.uwe.ac.uk/~a-winfie/) . Le problème est celui de la prise de conscience d’un processus tout à fait particulier, celui d’un choix entre deux situations identiques mais qui peuvent s’exclure l’une l’autre ? Si le robot dans près de la moitié des cas, prend tellement de temps pour faire son choix que l’action lui échappe, qu’en est-il lorsque la même expérimentation est proposée à l’homme ? Dans quelle mesure ce dernier réussira-t-il cent fois sur cent sa mission : effectuer le sauvetage des deux individus en position dangereuse ? Le particularité du problème posé par la situation décrite, est d’insister sur le faire, pour lequel l’homme, ne peut faire l’économie du jugement puis de la justification. Se pourrait-il que ce qui est encore une spécificité humaine, devienne par le miracle des algorithmes une qualité supplémentaire des robots ? Où comment on peut retrouver cette question engendrée par le scientisme du XIX° siècle : le progrès est-il synonyme d’amélioration du futur ?
Pour bientôt ?
dimanche, juillet 6th, 2014
Quand il est toujours question d’une certaine inégalité dans la façon de traiter la gente féminine qu’il s’agisse de la parité en terme de représentativité aussi bien qu’ en terme d’accès aux postes de responsabilité avec comme corollaire le traitement qui y est affecté, il n’est pas inintéressant de prendre connaissance de l’article : Women in science: A temporary liberation (http://www.nature.com/news/women-in-science-a-temporary-liberation-1.15477?WT.ec_id=NATURE-20140703). L’auteur Patricia Fara est senior tutor au Clare College de l’Université de Cambridge au Royaume Uni (A Four Thousand Year History and Scientists Anonymous: Great Stories of Women in Science). Si certains des faits rapportés peuvent prêter à sourire, l’article dans son ensemble arbore des couleurs peu chatoyantes au regard de la société de ce début du XX° siècle. Réformer les institutions, comme celle d’instaurer l’égalité entre les hommes et les femmes est un thème ancien dont la révolution française ne s’est pas vraiment emparé. En ce qui concerne le simple droit de vote, Olympe de Gouges avait bien tenté « Les droits de la femme et de la citoyenne » à l’exemple « Des droits de l’homme et du citoyen » mais sans succès (!). Avant 1900 quelques états américains avaient néanmoins franchi ce pas, chemin suivi après par la majorité des pays : 1918, pour le Royaume Uni, 1919 pour l’ensemble des Etats Unis d’Amérique, et bien plus tard, puisqu’il fallut attendre 1944 pour la France. La femme avait pourtant entre baillé la porte de son entrée dans le monde des diplômes, avec le premier baccalauréat féminin en 1861. Qu’il ait fallu attendre l’absence des hommes (partis à la guerre), dans la société civile pour que la femme se glisse dans l’espace ainsi laissé libre, mais qu’elle n’ait pas pu garder cette place définitivement après leur retour pourrait faire accroire l’idée que remplacement ne vaut pas placement. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui, si l’on se pose la question de savoir pourquoi le ministre de l’Education Nationale fait semblant d’interrompre l’expérimentation des ABCD, la question primordiale reste en fait de comprendre pourquoi cette expérimentation a été initiée !
L’homme, le chien et la machine
dimanche, février 23rd, 2014
Imaging the canine Brain (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/39228/title/Imaging-the-Canine-Brain/ ). Soit un homme et un/son chien. Il importe peu du reste qu’il s’agisse du sien ou d’un autre. Le chien occupe un statut particulier dans l’environnement humain. Il est vrai que ses débuts sur la scène sociétale furent relativement difficiles puisqu’il fut d’abord assimilé à une machine. Pavlov en fit, probablement contre son gré, un autre type de machine, la machine à réflexes ! Encore est-il bon de rappeler que la finalité concernait l’étude de réflexes humains. Il est néanmoins établi depuis longtemps/toujours que le chien est devenu le fidèle ami de l’homme après que ce dernier eût domestiqué un ancêtre lointain du genre loup. Avec plus ou moins de facilité, l’homme parvient en effet à se faire obéir de son compagnon qui accomplit pour lui des tâches qui peuvent être particulièrement complexes. C’est alors que l’homme se pose cette question essentielle : » Mon chien se pose-t-il des questions à mon propos ? « Comment résoudre ce problème ? En apprenant au chien un nouveau tour qui le rapprochera un peu plus encore de l’univers de son maitre, puisque il ne s’agit ni plus ni moins que de le soumettre à un examen auquel il arrive également à son maître de se soumettre, une étude IRM fonctionnelle. La seule difficulté consiste à garder son calme, ne pas bouger dans l’enceinte de la machine. Aucune difficulté pour le chien, alors qu’il arrive à certains maîtres de ne pouvoir le faire. Jusqu’à dix minutes d´un calme olympien permettent la réalisation de l’examen. En réalité il ne s’agit que de comparer des aires auditives et leurs réponses à des stimulations dans le même domaine. Mais on a encore le droit de rêver ?
Nos amis les bêtes
samedi, juillet 13th, 2013
Quelques nouvelles de la nature à déguster sans modération. C’est ainsi que tortues, guêpes, guppies, merles peuvent tout autant nous apprendre que nous ressembler, ce que fait également de façon plus inattendue le champignon (Behavior Brief, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/36377/title/Behavior-Brief/). Plus avancé que l’homme et comblant certains de ses désirs, ce que ce dernier ne peut pas encore faire, l’embryon de la la tortue asiatique (Chinemys reevesii) se déplace dans son œuf pour rechercher la température adéquate moyennant quoi « il choisira » d’être mâle ou femelle. Incroyable, non ? L’abeille (Apis mellifera) qui contrairement à la grenouille ne veut pas se faire aussi grosse que le boeuf, essaie de ressembler à l’homme en raison d’une asymétrie cérébrale permettant un fonctionnement plus complexe. Le guppy mâle (Poecilia reticulata) pallie à sa courte durée de vie par l’allongement de la survie de ses spermatozoïdes ce qui bénéficie aussi bien à lui qu’aux femelles, abolissant ainsi une inégalité certaine entre les deux sexes. Quant au merle (Turdus merula) des villes il semble bien souffrir comme l’homme de l’environnement dans lequel il évolue. C’est le merle des champs qui devrait peut-être inviter son cousin plus souvent. Enfin le champignon (taxon aujourd’hui obsolète) éjecte ses spores au moyen d’une structure qui ressemble à un joint torique utilisé dans les moteurs automobiles. Il est difficile de choisir entre ces deux options : Epiméthée ayant vraiment oublié l’homme ou la nature prenant un malin plaisir à le ridiculiser ?
L’oiseau et le bébé
dimanche, juin 2nd, 2013
Icare s’est brûlé les ailes au soleil. Le paon porte les yeux d’Argos. Le corbeau de Monsieur de La Fontaine parle, peut-être à tort et à travers, mais il parle. Le pinson de Monsieur Prévert est gai, bien qu’il puisse lui arriver d’être triste. L’albatros de Monsieur Baudelaire est poète douloureux. Le coq de Monsieur Rostand fait se lever le soleil. Ainsi l’homme et l’oiseau entretiennent-ils depuis les temps les plus anciens de nombreux rapports hautement symboliques. Ces rapports viennent d’atteindre une autre dimension puisque il existerait aussi de grandes similitudes entre l’acquisition du babillement du bébé et l’apprentissage du chant chez l’oiseau (Babies learn to babble like birds learn to sing, http://www.nature.com/news/babies-learn-to-babble-like-birds-learn-to-sing-1.13090). Pour l’instant, ce privilège se partage seulement entre deux oiseaux, le Mandarin Diamant (Taeniopygia guttata) et plus modeste, le moineau (Lonchura striata domestica) de la famille des passériformes. Mais à l’anthropomorphisme de tous ces oiseaux mythiques ou poétiques on peut aujourd’hui ajouter le doux babil des bébés.