Que pourraient bien apprendre les résultats d’un croisement entre art lyrique et chimie ! Recenser les potions, poisons et autres substances toxiques dans un premier temps puis, dans un second, les différents livrets d’opéras au cours des siècles, il fallait vraiment être aussi enthousiaste et compétent dans l’un et l’autre de ces deux domaines pour tenter l’aventure (Atoms and Arias, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/34804/title/Atoms-and-Arias/). La constatation que nous livre l’auteur constitue-t-elle une surprise ? Non, car il en est de l’Opéra comme il en est de toute d’autre production artistique, littérature, peinture, musique : la mise en évidence d’une interpénétration entre l’actualité de la science et l’art. Chaque époque de la société se reflète dans ce que choisissent d’exprimer ses différents acteurs ce qui permet de regarder efficacement derrière soi (cf l’exposition L’ange du bizarre. Le romantisme noir de Goya à Max Ernst au musée d’Orsay). On pourra en tirer matière à épistémologie sociale. Mais on pourra aussi, ce qui est plus regrettable en faire un absolu validant le présent sans imaginer qu’il aurait pu en être différemment. Il n’y a pas qu’un seul chemin qui permette d’arriver à un point.
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La chimie de l’Opéra !
dimanche, mars 24th, 2013Un cerveau, pourquoi faire ?
vendredi, mars 22nd, 2013
Deux articles paraissant pratiquement simultanément se présentent sous un thème commun le « cerveau », Bringing a Virtual Brain to Life (http://www.nytimes.com/2013/03/19/science/bringing-a-virtual-brain-to-life.html) et An activity map of the whole zebrafish brain (http://www.guardian.co.uk/science/neurophilosophy/2013/mar/18/an-activity-map-of-the-whole-zebrafish-brain). A première vue s’il s’agit du même organe, on peut croire que les sujets en sont différents. Le premier participe d’un projet de construction du cerveau humain. le second met en place une cartographie de ce même organe chez le poisson zèbre, le chouchou des chercheurs. Et pourtant, à y regarder de plus près comment ne pas voir dans ces deux articles l’expression d’un art plastique représentatif de ce que la recherche peut offrir aujourd’hui au regard de chacun. Le noir et blanc, et l’image figée ne sont plus de mise. Grâce aux techniques modernes, il est devenu facile de colorier des structures microscopiques et de leur donner vie. Comment ne pas reconnaître la beauté d’une cartographie où les neurones s’allument et dessinent un univers ! Comment ne pas voir la beauté de circuits virtuels neuronaux simulant une tranche de parenchyme cérébral de 100 millions de neurones ! Comment ne pas imaginer la complémentarité de ces deux techniques dont les informations se somment pour améliorer la connaissance de cet organe « qui, s’il pense, ne se pense pas » !
Dormir pour travailler mieux !
mercredi, mars 20th, 2013
Qui n’a pas entendu dire qu’il était possible d’apprendre en dormant et ce d’une façon on ne peut plus simple : il suffit de lire le texte à apprendre avant le coucher (de petits plaisantins ajoutaient même de glisser le livre sous l’oreiller et de l’y laisser pendant son sommeil) moyennant quoi, le lendemain, la leçon était sue. Or que dit l’article « Backwards signals appear to sensitize brain cells, rat study shows » (http://www.nih.gov/news/health/mar2013/nichd-18.htm) ? Que l’information électrique lorsqu’elle remonte de l’axone par le corps cellulaire du neurone jusqu’à ses dendrites permettrait la réactivation d’un circuit effacé conduisant à son amélioration ultérieurement. Comment la mythologie a-t-elle su que Prométhée pouvait régénérer son foie chaque nuit, comment a-t-on su que l’on apprendrait plus facilement après une bonne nuit du sommeil ? Il ne serait pas bon de faire de ces exemples des preuves de l’innéité de la connaissance. Il serait plus juste de considérer que la vulgate populaire qui semble précéder la rationalité scientifique ne fait qu’exprimer l’importance de l’expérience sensible dans le processus de la connaissance.
La judiciarisation pour tous !
lundi, mars 18th, 2013
Aujourd’hui rien ne semble en mesure d’arrêter la marche en avant de la judiciarisation. Ainsi c’est le jury du prestigieux Prix Nobel qui se trouve confronté à cette démarche puisqu’une plainte vient d’être déposée à son encontre pour ne pas avoir récompensé du-dit prix le chirurgien Rongxiang Xu (Snubbed for a Nobel?, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/34705/title/Snubbed-for-a-Nobel-/). Bien qu’il se soit défendu d’avoir travaillé dans le but de concourir pour ce prix, il ne l’en revendique pas moins, s’estimant honteusement lésé. Le fils se joint au père et affronte le monde scientifique au nom de la qualité du travail de celui qui n’a pas été choisi et par voie de conséquence de la honte qui s’en suit pour ce dernier ! Ce qui ne devrait être qu’une anecdote invite à deux remarques. L’une s’adresse au général, l’autre concerne un individu. Comme pour la recherche de la sophia chez les anciens, ce n’est pas l’action qui est le but de la science : la connaissance est le but, l’action en est le moyen. Et donc le but ultime de la science, se doit d’être la connaissance pour la connaissance. A partir de quoi, il sera toujours possible d’agir. Deuxièmement, il est bon de rappeler que la découverte de la structure de l’ADN couronnée par l’attribution du Prix Nobel en 1962 à Crick et Watson, doit tout à Rosalind Elsie Franklin morte en 1958. Comme il n’existe pas d’attribution de ce prix à titre posthume, aucune réclamation ne fut possible !
Do it yourself, la suite.
vendredi, mars 15th, 2013
Ce qu’il y a de bien, c’est quand une question fait naître une autre question. Quand la première est sujette à seconde et qu’il ne semble pas y avoir de fin à ce processus. Un tout nouvel article aborde sujet du « do it yourself » déjà envisagé et soulève à son tour plusieurs questions tout aussi intéressantes que celles précédemment traitées même si elles se situent dans des registres différents (Regulating Amateurs, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/34444/title/Regulating-Amateurs/ ). Comment doit-on articuler les acteurs adeptes du do it yourself et les acteurs de ce que l’on appelle maintenant la vie civile. Si les auteurs semblent cibler trois domaines, le laboratoire, l’environnement et le bio-terrorisme, il ne s’agit en fait que d’un seul domaine, celui de la sécurité . Seul semble devoir être tenu compte du problème de la sécurité dans la mesure où ce que l’on fait soi-même échappe de facto à tout contrôle. Penser que l’on doive procéder systématiquement à des contrôles sous entend que l’on mette en doute la notion de responsabilité individuelle au regard de la société. S’agit-il d’une vue de l’imagination ou au contraire d’une réalité ? La nouvelle question posée concerne donc le principe de responsabilité dont H. Jonas a fait sa réflexion première. Pourtant aujourd’hui, celui dont on parle le plus est le principe de précaution. D’où cette nouvelle question, qu’il y a-t-il de commun entre principe de responsabilité et principe de précaution. Puis cette autre : le principe de précaution engage-t-il la responsabilité ? Et, si oui laquelle ?
Pourquoi la curiosité serait-elle un vilain défaut ?
mardi, mars 12th, 2013
Si l’on se réfère à Pandora, il est certain que la curiosité n’a eu comme conséquence heureuse que de préserver l’espoir au cœur de l’homme. Quand on prend l’exemple de Barbe Bleue le bénéfice pourrait être tenu pour beaucoup plus mince encore, voire totalement absent, sauf à refuser de croire que l’expérience ne puisse servir de leçon ! Comme le disait Aristote » … L’homme a naturellement la passion de connaître … » Cette affirmation reste tellement vraie qu’elle est le sujet de l’article « The Rebirth of DIYbio » (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/34457/title/The-Rebirth-of-DIYbio/). Ainsi le « petit curieux » devient-il un « savant cosinus » de salon, réalisant ses propres expériences au moyen d’un matériel parfois plus ou moins bricolé. Après tout cette démarche n’a pas forcément que des mauvais côtés et peut permettre la mise en place d’une certaine forme d’interactivité riche d’enseignements pour les uns et pour les autres. Mais ce qui est certainement plus inquiétant, c’est que certains malades adoptent une démarche identique en auto-expérimentant des thérapeutiques dont ils prennent connaissance sur la toile (Do-It-Yourself Medicine, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/34433/title/Do-It-Yourself-Medicine/), le sujet devenant ipso facto son propre objet. Il s’agit là d’une expérience comparable à celle qui consiste à être à sa fenêtre et à se voir marcher dans la rue ! Il est bon d’être curieux avec autrui !
Un cuedo historique !
lundi, mars 11th, 2013
Octave serait l’assassin de Cléopatre et la vipère aspic ( ou plutôt le cobra) pourrait enfin être disculpée ! Comment faut-il prendre cette nouvelle qu’une historienne américaine livre aux amoureux de l’histoire. Heureusement/malheureusement, le nombre de ceux qui apprennent le grec ancien diminue et ils sont de moins en moins nombreux ceux qui auront à lire Plutarque dans le texte. Par contre à tous ceux qui ont aimé ces textes historiques, à tous ceux qui se sont émus des amours d’Antoine et de Cléopatre et de leurs fins tragiques, Pat Brown offre une alternative à ce qui ne semblait pourtant pas être une énigme (CSI: Ancient Alexandria, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/34470/title/CSI–Ancient-Alexandria/). Les » Cold cases » sont légion et qu’ils soient à l’honneur aujourd’hui pose la question de savoir où se situe l’intérêt de la démarche. On appelle cela aussi des cas revisités et l’expression est souvent de mise dans les publications médicales : reprendre des cas anciens et les réinterpréter à la lumière des acquisitions scientifiques les plus récentes. La magie et le rêve reculent-ils pour autant ? Rien n’est moins sûr quand on voit combien les fondamentaux de la mythologie sont à leur tour revisités par le biais des images de synthèse ! Le passé reste une vraie curiosité !
Glie : le retour
samedi, mars 9th, 2013
Le docteur Frankenstein se hasarda à la ré-création humaine non pas un Golem, créature d’argile, mais un homme, un vrai, bien qu’il fût un peu de bric et de broc . La démarche est-elle fondamentalement différente quand le chercheur crée un organisme génétiquement modifié ou qu’il pratique des greffes, à ceci près que ce sont des greffes en provenance de cellules humaines qui sont réalisées chez l’animal. A l’évidence, c’est cette étape qui a cruellement manqué au Docteur Frankenstein. Quoiqu’il en soit, aujourd’hui les souris doivent reconnaître qu’elles sont grandement redevables à l’homme puisque grâce à ce dernier elles sont en mesure d’apprendre plus rapidement quand on leur greffe de la glie humaine ( Mice Learn Faster with Human Glia, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/34639/title/Mice-Learn-Faster-with-Human-Glia/! Apprécieront-elles autant les greffes provenant d’individus souffrant de différents types de maladies dégénératives ou psychiatriques ! Enfin, dans l’absolu, on peut toujours craindre la création d’un « anime« (animal/homme) résultant de multiples greffes humaines sur un animal qui reste à choisir. On aurait alors une alternative au robot, et on pourrait résoudre le problème de l’intelligence artificielle !
La discussion continue
jeudi, mars 7th, 2013
Celui par qui le scandale arrive, c’est celui qui porte au vu et au su de tous une parole scientifique dont on se pose toujours la question de savoir quel est le degré de gauchissement qu’elle aurait pu subir. L’article « Mouse study findings prove contentious among scientists »(http://pittnews.com/index.php/hidden/71071-mouse-study-findings-prove-contentious-among-scientists) est un modèle du genre dans la mesure où les questions posées sont déjà au nombre de quatre pour les principales. La première concerne l’existence d’un droit universel à la connaissance. La deuxième, si un tel droit existe, à qui sera accordé le droit de transmission. Troisièmement, de l’interprétation naît le/les questionnement(s) de ceux qui sont à l’origine de la découverte. Et pour ce qui est de la quatrième il convient de ne pas oublier l’intermédiaire qui risque de se trouver en but aux critiques croisées de ses lecteurs aussi bien que de ceux qu’il a cru traduire pour la bonne cause ! Faudrait-il que l’on fasse taire l’un plutôt que l’autre ? On pourra sereinement répondre non à cette question lorsque l’on aura réintroduit le désir de discussion né de l’écoute et du temps de la réflexion.
L’insecte est l’avenir de l’homme
lundi, mars 4th, 2013
Les ressources alimentaires auxquelles la majorité des hommes sont habitués ne pourront subvenir aux besoins de l’humanité et de ses milliards d’individus potentiels. Il semble que l’avenir en terme de ressource alimentaire se situe dans l’utilisation rationnelle des protéines, vitamines, acides gras et sels minéraux que les insectes sont en mesure d’offrir à l’humanité (Why Insects Should Be in Your Diet, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/34172/title/Why-Insects-Should-Be-in-Your-Diet/). Les raisons en sont nombreuses et plus convaincantes les unes que les autres : quantité, qualité, rapport qualité/prix, facilité d’obtention, régulation de la bio-masse ! Mais l’entreprise est de taille car le grand saut dans l’art culinaire des insectes n’est peut-être pas pour demain. Pourtant il semble bien que l’homme ait déjà connu une période insectivore avant d’être omnivore et assez friand de nourriture carnée. L’australopithèque, dont on ne peut pas dire qu’il était un homme, mais que peut-être il était l’un de ses ancêtres, mangeait probablement des insectes et des racines. Il semble bien également que parallèlement à l’évolution, l’alimentation s’est modifiée pour devenir de plus en plus carnée. La tentation serait grande de voir dans ces recommandations d’une nourriture à base d’insectes un retour vers le passé, comme une régression. Il ne faut y voir que l’utilisation rationnelle de produits de la nature dont on est à même, aujourd’hui, de reconnaître la richesse. L’homme reconnaît donc scientifiquement ce que l’australopithèque connaissait « sans aucun doute » empiriquement !