
La tortue se hâte lentement, La Fontaine l’a écrit après Esope et la science semble une fois encore apporter une nouvelle dimension à un chemin que les anciens avaient emprunter longtemps auparavant. Il n’y était pas expressément fait référence à la tortue peinte (Chrysemys picta) mais enfin, une tortue reste une tortue (Painted Turtle Gets DNA Decoded http://www.sciencedaily.com/releases/2013/04/130403154034.) et il s’agit d’un animal dont la longévité fait référence. Outre cette qualité il en existe une seconde (conséquence ?) qui intéresse sa capacité à survivre à une situation de manque d’oxygène. Et ce dernier point s’avère particulièrement intéressant pour l’homme. La tortue aurait-elle au gré de l’évolution sélectionné des gènes adaptés ? Aucunement. Elle utilise des gènes qu’elle partage avec l’homme en particulier, mais d’une façon différente. D’où l’idée sous-jacente que l’on pourrait en tirer une application destinée à la prise en charge de certaines pathologies humaines tout ceci étant en rapport avec son peu d’évolution depuis 210 millions d’années. L’homme doit donc tout faire pour que la tortue vive encore très longtemps ….
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Rien ne sert de courir …
lundi, avril 15th, 2013SOS
dimanche, avril 14th, 2013
Le film catastrophe compte déjà un certain nombre d’années d’existence. En fait dés le début du cinématographe avec une technique balbutiante, ce genre est apparu. Schématiquement il existe trois grands groupes de films catastrophe qui semblent bien suivre un certain ordre : origine extra terrestre, origine terrestre pour finir par l’origine humaine. La terre a de nombreuses fois été envahie, puis elle a du subir les injures du feu ou la glace. Aujourd’hui l’homme est devenu assez grand pour être seul responsable de ces nouvelles catastrophes qui sont devenues majoritairement d’ordre sanitaire. Après Contagion thriller médical d’anticipation et d’action de Steven Soderbergh sorti en 2011 , Errors of the Human Body doit sortir sur les écrans en 2013 (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/35085/title/Review–Errors-of-the-Human-Body/). Ce dernier film bien que toujours qualifié de thriller se veut plus un film de réflexion et de questions abordant le domaine de l’éthique dans la recherche. Il semble bien que la progression des thèmes cinématographiques du genre suit la progression des questionnements sociétaux au fur et à mesure où l’homme prend conscience de ce que la technique est une médaille à deux faces et que de ce fait les progrès de la technique ne sous-entendent pas systématiquement et exclusivement des progrès pour l’homme. Le positivisme scientifique hérité du XIX° siècle selon lequel le salut réside dans la maîtrise totale du futur a pris l’eau à comme le Titanic …
Déterminisme et téléologie
mercredi, avril 10th, 2013
Depuis toujours (ou presque ..) l’homme cherche à savoir s’il existe une raison particulière, à son existence, et donc par voie de conséquence à sa disparition. Il en a retenu une principale, l’existence d’une « volonté » extérieure qu’il assimile soit à un être supérieur soit à la nature. Qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre, il s’agit simplement de donner un sens à la présence de la vie en général sur la planète terre, le problème sous-jacent étant que l’on ne connait ni le commencement ni la fin du monde en dépit de l’ampleur et de la diversité des moyens mis en oeuvre dans la recherche d’un commencement, beaucoup de voix étant d’accord pour affirmer que l’homme sera responsable de sa fin (sans en connaître la date) ! Dans cet ordre d’idée on a essayé d’expliquer la maladie soit en responsabilisant l’homme soit au contraire en le déresponsabilisant. Chris Palmer (Q&A: The Cancer Tradeoff, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/34985/title/Q-A–The-Cancer-Tradeoff/) offre une voie d’explication à l’existence d’une maladie qui reste encore dans de nombreux cas une énigme : le cancer serait une conséquence naturelle de la rapide évolution humaine. Relativement inattendue cette vue n’est pas sans rappeler celle de Bernardin de Saint Pierre, pour lequel « … les melons, sont divisés par côtes et semblent destinés à être mangés en famille … » ! Finalisme anthropocentrique s’il en fut ! En effet quelle différence avec le fait d’imaginer que le cancer, par les morts qu’il provoque, aide à réguler le niveau de la population mondiale, tandis qu’il aurait également permis l’instauration de la prééminence humaine ! La lecture de l’article proposé vaut également par l’abondance des commentaires qu’il ne faut assurément pas négliger !
X frog …
mardi, avril 9th, 2013
Ce n’est pas la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf, c’est la grenouille qui voulait ressembler aux héros de X Men ! L’espèce Trichobatrachus robustus est en effet capable de sortir des griffes à la demande au niveau de ses ventouses lorsqu’elle doit affronter une situation dangereuse (‘Horror frog’ breaks own bones to produce claws, http://www.newscientist.com/article/dn13991-horror-frog-breaks-own-bones-to-produce-claws.html?cmpid=NLC|NSNS|2013-0804-GLOBAL|dn13991&utm_medium=NLC&utm_source=NSNS&utm_content=dn13991). Une fois encore il est impossible de ne pas admirer la « prescience » de la science fiction car il est peu probable que les auteurs de la série X Men (Janvier 1970) aient eu connaissance de cette espèce d’anoure découverte en 1900 en Guinée Equatoriale. En effet si GeorgeAlbert Boulenger a bien décrit à cette date un animal poilu, cette extraordinaire caractéristique griffue n’a elle été reconnue quand 2000 soit 30 ans après ces héros de bande dessinée. La nature avait donc déjà inventé un « self-moyen » adapté à la défense de l’être vivant en péril ! In fine, l’homme n’est peut-être pas doté d’une imagination débordante, mais il est peut-être doté de cette connaissance innée à propos de laquelle on ne cesse de se poser des questions !
Que faut-il en penser ?
dimanche, avril 7th, 2013
Dans le cadre du « do it yourself » comment doit-on/peut-on interpréter l’article suivant, Powder women’s eggs for home storage, qui débute comme une recette de cuisine : JUST add water and sperm (http://www.newscientist.com/article/mg21829115.100-powder-womens-eggs-for-home-storage.html) ? En lisant plus avant, on comprend rapidement que la technique expérimentée sur les ovocytes de vache est loin d’être « prête à l’emploi ». Les questions sont multiples et d’une certaine importance : la fertilisation restera-t-elle possible, les embryons seront-ils normaux, quelle sera la durée de la conservation ? On peut se poser la question du pourquoi de cet article qui semble à tout le moins précoce. La possibilité de sa consultation sur la toile, voire sa parution dans une revue de vulgarisation ont tout pour effrayer quand on sait que l’immédiateté de l’information a pris le pas sur la réflexion. On ne peut y voir malheureusement que le désir des auteurs de prendre date avant leurs confrères pour être les premiers pères-propriétaires de la-dite technique : ceux aux quels on fera référence plus tard. Il serait peut-être encore bon d’oser suivre Descartes quand il proposait de ne pas parler de ce qui fait encore polémique et de s’en remettre à la décision des plus sages avant d’en informer le public. Le droit à l’information passe aussi par le devoir des informateurs qui devraient savoir s’appliquer l’éthique de responsabilité .
À propos du cœlacanthe
samedi, avril 6th, 2013
Utiliser le terme de fossile accolé à celui de vivant ne correspond plus depuis quelques temps déjà à la réalité comme en témoigne encore l’article récent, The Falsity of Living Fossils (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/34927/title/The-Falsity-of-Living-Fossils/). Il convient en effet de distinguer fossile et fossile vivant. Le premier est une espèce éteinte, tandis que le second par définition est une espèce actuelle présentant des ressemblances morphologiques avec les-dites espèces éteintes. S’il s’agit bien d’un fossile vivant c’est qu’il a du cesser d’évoluer depuis les temps qualifiés de fossilifères ce qui est en contradiction avec les principes génétiques de l’évolution. Qu’une espèce puisse parfaitement disparaître est une certitude, mais une espèce existante est nécessairement le produit de l’évolution d’un ancêtre. Selon un processus identique à la mise en place de la théorie de la mécanique ondulatoire de L. de Broglie qui a su féconder la théorie corpusculaire par la théorie ondulatoire, la théorie de l’évolution a réuni la génétique de G. Mendel et la sélection naturelle de son contemporain Ch. Darwin alors même que ce dernier n’en avait fait aucun cas. Dans ces deux exemples, l’obstacle épistémologique que pouvait constituer le savoir du passé n’existe plus. Dans un sens la rupture épistémologique de G. Bachelard correspond à la négation de cet obstacle permettant l’accès à quelque chose de nouveau qui en tenant compte du passé et du présent les dépasse tous les deux.
Des robots à tous les étages
vendredi, avril 5th, 2013- Première Loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. » ;
- Deuxième Loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. » ;
- Troisième Loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.
Ces lois définies par I. Asimov sont-elles suffisamment universelles pour convenir à cette nouvelle robotique biologique qui va de la cellule à l’animal de laboratoire ? Quand on travaille au niveau de la cellule ((Living Transistors, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/34911/title/Living-Transistors/), il y a peu de chance pour que se manifeste une quelconque transgression. On voit mal en effet une cellule transformée en transistor se rebeller dans la mesure où le biologiste ne fait qu’utiliser des propriétés intrinsèques de la dite-cellule. Par ailleurs, pas non plus d’état d’âme de la part du concepteur qui ne participe pas à un processus de dévoiement, peut-être néanmoins une provocation de la nature selon Heidegger pourrait-elle être évoquée. La question peut se poser différemment quand on s’adresse à la réalité même de l’animal (Cyborg bugs and glow-in-the-dark cats: How we’re engineering animals, anthes/index.htmlhttp://edition.cnn.com/2013/03/29/tech/innovation/biotech-animals-emily-anthes/index.html). Si la nature a fait des lucioles, les poissons zebres n’en faisaient pas partie de même qu’il n’avait peut-être pas été prévu des chats dont les yeux s’illuminent en lumière ultra-violette. A ce niveau la provocation est totale, c’est alors que l’on introduit le principe d’utilité apliqué à l’homme ce qui revient à se rapprocher de Machiavel ou d’opposer A. Comte à A. Huxley d’où cette question : le progrès technique chemine-t-il avec le progrès de la raison pour le bonheur de l’homme ?
L’éthique, le fumeur et l’employeur
dimanche, mars 31st, 2013
Ce pourrait être le titre d’une fable des temps modernes, c’est le sujet de deux articles parus dans le NEJM : The Ethics of Not Hiring Smokers et Conflicts and Compromises in Not Hiring Smokers (http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMp1301951?query=TOC, http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMp1303632?query=TOC). Les deux articles méritent d’être lus, voire relus avec attention tant les questions posées par leurs auteurs sont d’importance même si elles ne se posent pas (encore ?) de la même façon en France. En effet que faut-il penser d’une interdiction qui serait faite d’embaucher des fumeurs dans n’importe quel type d’entreprise (système de santé inclus !) ? Comment peut-on/doit-on interpréter une telle interdiction au niveau de l’individu, le fumeur vs le non fumeur. Au niveau de la société, il y a-t-il vraiment protection, et si oui, qui protège-t-on ? Que peut-on penser de la méthode choisie, la fin par quels moyens ? De quelles responsabilités parle-t-on quand les interactions entre les deux groupes et la société sont multiples et indissociables ? Il est certain que fumer « tue », mais il semble bien d’une part que les mesures coercitives prises n’aient pas diminué de façon significative le nombre des fumeurs tandis que dans le même temps on fume sa première cigarette plus précocement. Par contre la protection des non-fumeurs elle, est réelle. On a donc protégé une population qui n’aurait pas fumé sans suffisamment instruire une population qui continuera à fumer ! On serait en droit de se poser les bonnes questions ?
Que Choisir
samedi, mars 30th, 2013
Que l’on n’entende pas ce titre comme l’intitulé de l’association française du même nom, mais comme une question. La lecture (rapide) de titres d’articles différents mais appartenant au domaine général de la recherche en biologie, peut laisser le doute planer sur la validité, l’intérêt du choix de l’un plutôt que d’un autre. Bien sûr, ce choix reflète les domaines qui d’une certaine façon sont chers à celui qui les rapporte, qu’il les aie lui même explorés ou même tenté d’explorer. Qu’il les approuve ou les réfute, la démarche s’inscrit dans une volonté de partage comme le souligne un post publié dans le Jim de Mars(Science : qui sait encore te lire ? http://www.jim.fr/e-docs/00/02/1B/9D/document_actu_pro.phtml).
Aucune des publications choisies ne l’a été pour apporter une solution définitive mais au contraire pour proposer une ouverture en donnant la possibilité de se poser des questions. Si le questionnement est une démarche vitale point n’est besoin de tout résoudre, il est de loin préférable de trouver dans chacune des réponses, matière à nouvelle question : le savoir comme une poièse. En somme, laisser ouverte toute réponse, refuser l’absolutisme du dogme, fuir le définitif dans lequel sombre toute quête. Se souvenir du symbolisme du Graal pour savoir échapper à la fin des temps aventureux des chevaliers de la table ronde.
Les jours se suivent et se ressemblent !
mardi, mars 26th, 2013
Quelques publications dont il a été question récemment :Bringing a Virtual Brain to Life, An activity map of the whole zebrafish brain , Backwards signals appear to sensitize brain cells, rat study shows. Puis maintenant : Building a Better Schizophrenic Mouse (http://news.sciencemag.org/sciencenow/2013/03/building-a-better-schizophrenic-.html ), The neuroscience of finding your lost keys (http://www.salk.edu/news/pressrelease_details.php?press_id=602) et Reward linked to image is enough to activate brain’s visual cortex (http://www.kuleuven.be/english/news/reward-linked-to-image-is-enough-to-activate-brains-visuall-cortex ) où il est respectivement question de l’activation de neurones profonds, de neurones du gyrus dentatus et enfin du cortex visuel. Après la cartographie chez le poisson Zèbre, la confection d’un cerveau virtuel, ce sont les souris et le macacus rhesus qui sont de nouveau mis à contribution. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le cerveau est une mine de projets scientifiques de recherche à la mesure des milliards de neurones qu’il renferme. Il convient également de ne pas oublier les études sur les cellules gliales. La complexité de l’organisation de cet organe, l’immensité du champ de ses possibilités, la toile de ses connexions interne et externes laissent à penser qu’il restera encore pour longtemps un champ d’investigations. En attendant il n’y a plus qu’à décrypter les résultats pour les rendre applicables aux pathologies humaines sensées bénéficier de toutes et chacune de ces études.