Archive for the ‘Non classé’ Category

Savoir optimiser la technique

mardi, avril 17th, 2012

De même qu’il a fallu transformer la membrane cellulaire rigide en une entité mouvante, modelable, en transformation perpétuelle, de même l’étude des processus néoplasiques peut s’inspirer de l’ensemble de ces techniques qui rendent à la cellule, qu’elle soit normale ou modifiée,  son comportement dans le temps (Eyes on Cancer | http://the-scientist.com/2012/04/01/eyes-on-cancer/). Car c’est bien de la prise en compte du temps dont il s’agit. Longtemps les méthodes n’ont pu révéler de la vie cellulaire qu’un arrêt sur image. S’il était indispensable d’en passer par cette étape, il n’en s’agissait pas moins d’un artefact, selon le sens d’une création de l’art humain et non d’une création de la nature. La mutiplicité des techniques ne doit pas être considérée comme un frein, c’est tout le contraire quand le résultat à prendre en compte  se trouve au point de convergence de tous les résultats obtenus. Il s’agit peut-être là de la meilleure des utilisations possibles des réseaux sociaux quand ils ouvrent aux plus esseulés d’entre nous une approche sans frontière des dernières découvertes. A charge pour chacun de pouvoir en faire le tri, tout n’est pas offert sans une contrepartie de réflexion personnelle.

Le b-a ba …

dimanche, avril 15th, 2012

Si le Papio Papio (babouin) ne parle pas encore couramment avec l’homme, sera-t-il jamais capable d’échanger avec lui des textes écrits pour le second et qu’il serait alors bon d’adapter aux premiers. Pour une fois où il ne s’agit pas de la Mus musculus (souris),  on change manifestement de registre en améliorant la performance selon les auteurs de l’article joint (Monkeys “Read” Writing | http://the-scientist.com/2012/04/12/monkeys-read-writing/). Mais distinguer des mots anglais de quatre lettres de quatre lettres dépourvues de sens peut-il être assimilé à l’acte de lecture ? Et à cette époque, comme à d’autres du reste, où il est de bon ton de se demander comment apprendre à lire aux enfants en dénichant enfin la meilleure des méthodes, l’étude autorise un regard nouveau sur cette capacité humaine. La définition de l’homme varie selon les sensibilités. La plus ancienne « L’homme est un animal bipède dépourvu de plumes » pourrait-elle rester bientôt la plus appropriée ?

La fin des télomères n’est pas pour demain !

vendredi, avril 13th, 2012

Les télomères n’en finissent pas de nous parler de nous, impliqués qu’ils sont déjà dans la temporalité du fait de leur implaccable rapport aux divisions cellulaires. Aujourd’hui leur domaine d’action se déploie dans bien d’autres domaines du fait même de leur constitution (Telomeres in disease, http://f1000.com/reports/m/4/8). En fait une enzyme, la télomèrase, est capable de procéder à des processus d’élongation, contrebalançant l’effet délétère du raccourcissement réglé par les mitoses. De même que l’on a définit le concept de mitochondriopathies, on n’hésite pas à parler aujourd’hui de téloméropathies que l’on met en rapport avec différents types de mutations affectant la télomérase. De même les télomères sont-ils impliqués dans certains cancers et bien sûr dans les processus de vieillissement. Détecter leurs participations à différentes pathologies autorise à tenter une inversion de tendance pour en tirer bénéfice. C’est là où l’on rejoint les cellules souches quand l’expression de la télomèrase y est encore indépendante des divisions cellulaires. Les cellules dont le taux de renouvellement est élevé possède une télomérase soumise à régulation,  mais on sait aussi reprogrammer certaines cellules pour qu’elles se réinscrivent dans un état de totipotentialité. Il devient donc possible de cibler les études sur la télomérase. Conclusion : En dehors de la télomérase point de salut !

Toujours s’entendre sur une définition

lundi, avril 9th, 2012

De même qu’il existe des cellules souches normales, pourquoi n’existerait-il pas des cellules souches cancéreuses ? Ce concept relativement nouveau fait suite au concept plus ancien selon lequel les processus néoplasiques seraient le fait de la prolifération de cellules indifférenciées/dédifférenciées. Mais le problème majeur reste la définition du terme cellule souche. Longtemps virtuelle, plus concept que réalité du fait de l’impossibilité à être reconnue, elle est celle qui se renouvellet sans cesse pour donner naissance aux lignées cellulaires à l’origine des différents tissus de l’organisme. D’où la dénomination de cellules souches totipotentes puis pluripotentes laissant sous entendre que des étapes successives de différenciation diminuent progressivement les capacités de la première cellule. Le concept est solide dans le cadre de la normalité puisque tout procède du phénomène de la fécondation. Mais qu’en est-il dans le cadre des cellules cancéreuses ? Les pistes sont encore nombreuses comme on peut le lire dans cet article récent (Are Cancer Stem Cells Ready for Prime Time? http://the-scientist.com/2012/04/01/are-cancer-stem-cells– ). Et le problème jaillit justement du nombre des possibles termes de la définition. Par exemple faut-il calquer la définition de la cellule souche tumorale sur celui de la cellule souche normale, sur  son origine, sur son  nombre, sur ses marqueurs, sur son devenir naturel, sur son devenir après greffe ? Ce que l’on peut dire aujourd’hui, c’est  qu’aucune de ces propostions ne semble suffisante prise isolément mais aussi qu’aucune ne peut ni ne doit en exclure une autre ! Il n’est malheureusement pas plus simple de définir une définition, ce qui est dommage puisque alors la question précédente serait en passe d’être résolue !

Dyschromatopsie et taxinomie

samedi, avril 7th, 2012

Explorer la vision des couleurs et tester la génétique à partir des tournesols peints par van Gogh, c’est possible ( The Science of Van Gogh | http://the-scientist.com/2012/04/05/the-science-of-van-gogh/) ! Que l’on ne s’y trompe pas ! Il ne s’agit pas de faire la génétique des dyschromatopsies, mais de revisiter ces peintures pour chercher si van Gogh était bien atteint de cette affection, et si les fleurs étaient bien des asteraceae. C’est ainsi que la comparaison de la vision rendue de ces tableaux par un ami souffrant de dyschromatospie a permis à Kazunori Asada non seulement d’argumenter cette déficience du peintre mais aussi de l’utiliser pour créer le « Chromatic Vision Simulator ». C’est ainsi que la génétique en appliquant simplement les lois de Mendel a créé  un tournesol mutant identique à celui peint. On attend avec impatience des études similaires à propos des portraits d’Arcimboldo !

Le rat des villes et le rat des champs

vendredi, avril 6th, 2012

Comment n’y a-t-on pas pensé plus tôt !  Pour l’animal de laboratoire la fluence du temps ne serait pas la même que pour un animal en liberté. Autrement dit, nos chercheurs viennent de trouver la « chronobiologie ». On reste admiratif devant cette découverte d’importance. Pauvre drosophila melanogaster qui ne s’y retrouverait pas dans son laboratoire, empêchée qu’elle est de suivre son horloge naturelle. En somme, perturbée, souffrant d’un véritable « jet lag », elle ne nous aurait pas correctement renseignés (Lab Studies Lie about the Clock, http://the-scientist.com/2012/04/04/lab-studies-lie-about-the-clock/). Par contre, bonne nouvelle, elle deviendrait, de ce fait, encore plus proche de l’homme qu’on ne l’aurait cru. Donc, gardons la mouche dans son bocal, elle gagne en ressemblance avec l’homme !!

L’important c’est la question !

jeudi, avril 5th, 2012

Poser une question sous-entend-il que l’on en connaisse la réponse ? Sans qu’il s’agisse d’aller sur les brisées de Socrate et du paradoxe de Ménon, peut-on imaginer avoir en soi les réponses à nos questions, et ce en raison d’une connaissance antérieure ? Si ce texte reste un référence pour les apprentis philosophes traitant de l’inéité de  la connaissance  ou de son acquisition, il n’en reste pas moins que poser une question constitue un réel engagement. Et justement quelles limites pourraient-il y avoir quand on se pose des questions sur des sujets « scientifiques » traités hier aussi bien qu’aujourd’hui. C’est l’idée d’un programme mis en place par l’US National Cancer Institute : colliger toutes les questions qu’ont pu soulever des résultats, des paradoxes, des échecs rencontrés au gré des mises en place de différents protocoles (Agents Provocateurs | http://the-scientist.com/2012/04/01/agents-provocateurs/). Ne pourrait-il pas s’agir là du rôle le plus attractif/constructif des « réseaux sociaux » dont on ne cesse de parler sans qu’ils aient jamais été sciemment inclus dans le monde de la science ?

A l’ouest rien de nouveau !

dimanche, avril 1st, 2012

Il s’agit d’une découverte essentielle : le cerveau est organisé selon une structure grillagée en 3D et les fibres qui le composent sont disposées en longs rubans ( A Beautiful Mind | http://the-scientist.com/2012/03/29/a-beautiful-mind)/) !  Dans tous les services de neuropathologie, les cerveaux in toto, après fixation dans le formol, ont été inclus dans une matière à base de nitro cellulose, la celloïdine depuis 1905 (technique décrite en 1882). La résistance de ce matériau autorise des coupes épaisses de 15 à 20µm (coupe histologique normale = 3µm) sur lesquelles peuvent être réalisés divers types de coloration argentiques (coloration de Weigert ca 1890), ou de Nissl (ca 1900). C’est en raison de l’épaisseur de ces coupes, puis par reconstructions successives que l’on a pu mettre en évidence les longs faisceaux d’axones de la substance blanche. Mais si l’histologie a été en mesure d’étudier certaines de leurs lésions, c’est que ceux-ci avaient déjà été décrits depuis de nombreuses années par la neuro-anatomie. Le corps calleux fut reconnu par Galien. Ainsi que vient-on de mettre en évidence ? Rien de fondamentalement nouveau. Si ce ne sont des faisceaux déjà entrecroisés qui ont pris « des couleurs » !

Et un raton laveur !

samedi, mars 31st, 2012

Le microbiome fait-il partie de l’environnement ou doit-il être compris comme faisant partie de l’homme (Who Are We Really? |http://the-scientist.com/2012/03/01/who-are-we-really/) ? Vaste et troublante question puisqu’elle sous tendrait une approche tout à fait nouvelle de l’humain. Mais qu’est-ce que le « microbiome ». Il s’agit d’un concept récent venu des USA où le NIH a éloboré un projet scientifique destiné à recenser l’ensemble des génes et génomes vivant chez  tout être, des commensaux qui ne seraient plus nos commensaux ! Ainsi en Mars 2012, se tenait sous l’égide de l’Unesco, un congrès sur ce sujet. Pourquoi une nouvelle définition de l’homme qui viendrait s’ajouter à toutes les définitions précédentes ? Toute manipulation introduisant, de façon durable une modification du patrimoine génétique est interdite au nom de l’éthique. Si le microbiome fait partie de l’homme, alors toute manipulation à son égard peut rentrer dans le cadre de la manipulation génétique et ce d’autant plus que l’on ne possède aucune information sur le devenir de cette modification. Vient s’ajouter le concept de signature individuelle, un peu comparable aux empreintes digitales : les communeautés bactériennes cutanées pourraient être spécifiques d’un individu (Forensic identification using skin bacterial communities, http://www.pnas.org/content/early/2010/03/01/1000162107.full.pdf+html). Comme d’un autre côté, des modifications ciblées de ce même microbiome pourraient à terme  être bénéfiques à la santé, on aurait envie que notre microbiome ne fasse pas partie de nous ! Est-ce l’impasse, l’aporie des philosophes ? En tout cas, il convient de répéter que poser une question ne signifie pas qu’on en ait nécessairement la réponse !

Méfiance

vendredi, mars 30th, 2012

« One drug to shrink all tumors » (http://news.sciencemag.org/sciencenow/2012/03/one-drug-to-shrink-all-tumors.html?ref=hp) ? Faut-il y croire mais aussi peut-on y croire ? Cette drogue unique c’est un anticorps (l’anti CD 47), dirigé contre une protéine membranaire exprimée normalement, mais aussi et pourrait-on dire surtout, surexprimée dans différents cas de néoplasies. Son rôle se comprend par le nom qui lui a été donné « do not eat ». Elle agirait en fait comme un signal empêchant le système immunitaire de s’attaquer aux cellules cancéreuses. L’anticorps développé contre cette protéine permettrait au système immunitaire de détruire des cellules non protégées. Bien sûr, serait-il bon de dire, l’expérimentation a été conduite sur des souris chez lesquelles des tumeurs humaines ont été greffées. Donc il ne suffit plus que de valider l’analogie de résultats chez l’homme puisque ceux-ci sont prometteurs chez la souris. Néanmoins comme le font souligner les auteurs de l’étude, le micro-environement d’une tumeur greffée n’est pas comparable au macro-environnement d’une tumeur in situ, et qu’en sera-t-il de l’effet conjugué de l’anticorps avec les autres thérapeutiques délivrées simultanément, l’anticorps anti CD 47 ne pouvant être utilisé dans un premier temps que comme adjuvant. On reste surtout perplexe quant à l’attitude à adopter devant un titre aussi absolu quand dans un autre article tout aussi récent on démontre qu’une (autre) molécule bien connue comme immunosupresseur entraine comme effet secondaire une insulino résistance (Study explains how rapamycin also causes insulin resistance, http://www.news-medical.net/news/20120330/Study-explains-how-rapamycin-also-causes-insulin-resistance.aspx). Les exemples sont nombreux de ces interactions délétères mises progressivement à jour, détruisant pour partie les bénéfices attendus et les espoirs mis en eux. C’est pourquoi on devrait toujours se méfier de titres manifestement trop « racoleurs »  !