Alexander Graham Bell peut-il être réellement considéré comme l’inventeur du téléphone ? On pourrait se poser la question à la lecture d’un article paru dans Science, Bats use ear trumpets for social calls, (http://www.nature.com/news/bats-use-ear-trumpets-for-social-calls-1.13960). Il se pourrait que la forme en conque des feuilles dans lesquelles elles se logent permette une amplification des sons émis de l’extérieur tandis que ceux émis de l’intérieur ne seraient pas modifiés selon la même échelle d’intensité. On pourrait donc imaginer que cette amplification représente une amélioration dans les échanges venant de l’extérieur donc dans la vie sociétale de la chauve souris. Le hic c’est que les feuilles ne pouvant conserver leur forme au delà de vingt quatre heures, les locataires doivent changer d’habitat tous les jours. Et puis surtout, l’interprétation de l’homme peut-elle recouvrir l’intentionnalité d’une chauve souris en ce qui concerne les rapports avec ses congénères ?
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Alexander Graham Bell et les chauves souris
dimanche, octobre 20th, 2013La madeleine de Proust
dimanche, octobre 13th, 2013
1896, Matière et mémoire : » …Le souvenir ne surgit qu’une fois la perception reconnue « , 1913, A la recherche du temps perdu : » … La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté … » 2013, Let it Linger » … Prolonged responses to odors, called afterimages, may originate in the brain, rather than in the nose … Et la réponse vint …. de la souris ((http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/37611/title/Let-It-Linger/) . Il existe bel et bien une permanence des perceptions qu’elles soient visuelles, tactiles, auditives, gustatives, ou olfactives. En fait, plus rémanence que permanence cette fonction serait à mettre sur le compte de neurones corticaux et non pas sur celui des neurones sensoriels activés lors du stimulus spécifique. Cette démonstration (certes chez le rongeur) vient mettre un terme à la question posée quant à l’interprétation de ce type de souvenir si prégnant chez Proust et que chacun a pu expérimenter à de nombreuses reprises.
Calculer un coût …..
dimanche, octobre 13th, 2013
Les anomalies d’origine mendélienne parce qu’elles restent rares rapportées à l’ensemble de la population représentent aussi un facteur de retard diagnostic responsable de multiples préjudices aussi bien chez le jeune enfant que chez l’adulte. Il existe pourtant un moyen d’y remédier (Clinical Whole-Exome Sequencing for the Diagnosis of Mendelian Disorders, http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1306555?query=neurology-neurosurgery) grâce à une technique encore récente : le séquençage exomique complet. Il s’agit rien de moins que de dégager les anomalies au niveau de la partie codante de l’ADN, c’est à dire des exons (excision des introns au moment de la transcription de l’ADN). La méthode est lourde et les résultats pourraient, de ce fait, sembler relativement pauvres. Pourtant sur 250 cas cliniques, le diagnostic moléculaire a pu être établi dans 25% des cas. Même s’il existe encore des insuffisances de la technique par rapport à un séquençage du génome complet, le coût de cette nouvelle approche serait inférieur. Dans ces conditions la question posée est du type rapport qualité/prix dans un domaine sensible celui de la santé publique. Un certain nombre d’anomalies n’auraient pas pu être détectées auparavant, mais toutes ne l’ont certainement pas encore été. Le médecin et le politique feront-ils le même choix ?
De quel Art parle-t-on ?
lundi, octobre 7th, 2013
Pourquoi ne pas commencer par regarder la vidéo de l’article Spew, Fly, Don’t Bother Me (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/37780/title/Spew–Fly–Don-t-Bother-Me/) voire même de la faire dérouler en marche arrière. Il n’est en effet pas indifférent de prendre connaissance progressivement de qui a et comment, réalisé ce que le lecteur découvre. Des mouches sont-elles capables de produire une oeuvre d’art ou bien peut-on qualifier d’oeuvre d’art ce que des animaux, diptères en l’occurrence, fabriquent journellement depuis des millénaires ? Un exemple de plus dans l’intemporelle discussion sur « qu’est-ce que l’art ». Qu’a-t-on pensé en effet de l’oeuvre controversée de Marcel Duchamp, Fontaine. Que pense-t-on de l’oeuvre plus moderne encore de Merde d’Artiste de Piero Manzoni, influencée certainement par la précédente, et ce d’autant plus que ces deux réalisations peuvent parfaitement être comparées à celles de nos mouches ! Un faire dont le but pourrait rester à définir dans un cas, l’agir d’une physiologie incontournable dans l’autre. Les spectateurs apprécieront différemment mais on peut s’attendre à ce que certains soient sensibles aux couleurs déposées sur les toiles et les figures réalisées par cet autre type « d’artistes » ailés. Si selon Kant » l’art est un faire (facere) dont les productions ou les résultats sont des oeuvres (opus), la nature est un agir (agere) ou un effectuer, dont les produits sont considérés en tant qu’effets « , il n’en reste pas moins vrai, que les produits de ces mouches peuvent toucher au sensible plus que certaines oeuvres humaines !
Encore une nouvelle horloge !
lundi, septembre 30th, 2013
Le temps dans son déroulement n’en finit pas d’intriguer. On sait aujourd’hui construire une horloge dont la précision encore jamais atteinte (L’horloge atomique la plus précise du monde a été dévoilée, http://www.huffingtonpost.fr/2013/08/23/horloge-atomique-plus-precise-monde-science_n_3802195.html) pourrait rassurer l’homme sur sa capacité à mesurer le temps. Il reste pourtant une infinité d’autres temps qui régissent la vie animale en général dont la vie humaine fait partie. Rien n’est donc définitivement acquis, puisque l’on vient de découvrir une nouvelle horloge chez un petit crustacé isopode (Eurydice pulchra), animal sans prétention s’il en fut ! (Tidal Clocks,http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/37691/title/Tidal-Clocks/. Si l’on connaissait déjà l’existence des deux rythmes, circadien et marin (marée/lune) les chercheurs viennent de prouver que ces deux rythmes sont indépendants. On ne savait déjà pas si le temps avait réellement commencé et dans l’hypothèse où il y aurait eu un début, quand le situer et pour ajouter à la confusion, les horloges qui le mesurent se multiplient chez le vivant. Platon aurait-il été déjà dans le vrai » Le temps est inutile. Seule compte l’étude des invariants qui sont des réalités vraies ». Reste donc à mettre la main sur des invariants autres que l’ADN qui, selon J. Monod en serait un !
Toujours se poser la bonne question
lundi, septembre 30th, 2013
Pas facile de savoir poser la bonne question quand on sait que cette première étape est indispensable pour aboutir à la bonne réponse ! Aujourd’hui la difficulté est d’autant plus grande que les outils à disposition peuvent être utilisés comme de multiples cannes à pêche ramenant sur la berge n’importe quel poisson. Cette difficulté est d’autant plus grande quand il faut se choisir un but : connaissance pure ou utilité, ce qui est loin d’être identique ! Toute interrogation est un pas de plus vers la connaissance mais existe-t-il une obligation d’action ? On pourrait imaginer une finalité exclusivement intellectuelle, mais ne risquerait-elle pas d’être incomplète en laissant de côté l’existant ? A ne contempler que la beauté du cosmos on risque un enlisement stérile. Il convient donc de s’appliquer à conclure la réflexion par l’action en s’appliquant à poser non pas la question qui fâche, mais à réfléchir sur la question de tous dont la réponse serait bonne pour tous ( Opinion: The Best Projects Are Least Obvious,http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/37618/title/Opinion–The-Best-Projects-Are-Least-Obvious/).
C’est le doute qui est constructif !
mardi, septembre 24th, 2013
Il n’échappe à personne que la vérification des étapes successives d’une expérience est cruciale. C’est ce qui aujourd’hui pourrait être assimilé à la déjà très fameuse bien qu’encore jeune traçabilité. Mais il se peut aussi qu’il ne s’agisse pas du déroulement de l’expérience en propre, mais d’autre chose qui peut se situer en amont de sa réalisation même. C’est ce dont traite l’article Lab Tubes Contaminated with Virus, (www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/37562/title/Lab-Tubes-Contaminated-with-Virus/). Dans le cas cité, le facteur en cause ne concerne pas la méthode rapide d’extraction de l’ADN sur colonne utilisée mais la fabrication de la colonne elle-même ! Et pour en arriver à cette conclusion, il faut étendre le champ des investigations au delà de ce qui est habituel. Lorsque les auteurs parlent d’une véritable enquête policière le terme est approprié. Mais ce qui est plus important encore, c’est de savoir ce qui peut déclencher une telle enquête : une discordance à laquelle il faut toujours être attentif et qu’il faut savoir non seulement rechercher mais accepter pour la dépasser. Ainsi seul le doute est capable d’initier une telle démarche. Le cogito conserve toute son actualité.
L’air de la calomnie
samedi, septembre 21st, 2013
Comment faut-il comprendre le fait qu’un corbeau sévisse dans le domaine scientifique, en dénonçant de façon impitoyable les manquements à la déontologie que tout chercheur se doit de suivre scrupuleusement (What to Do About “Clare Francis”, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/37482/title/What-to-Do-About–Clare-Francis-/) ! Il semble que les remarques de cet(te) anonyme soit plus ou moins appropriées, certaines d’entre elles ayant été néanmoins suivies de retraits ou de modifications concernant les articles pointés du doigt. Mais il ne s’agit pas de l’acte d’une personne isolée puisque ces dénonciations augmentent régulièrement. Le problème n’est pas tant que la vérification de ces dénonciations aboutisse mais plutôt de se mettre d’accord sur l’attitude à adopter face à une telle situation. Accepter d’effectuer la vérification sans connaitre l’informateur ou la refuser ? Et pourquoi aussi ne pas effectuer la vérification en introduisant dans la revue concernée la dénonciation anonyme en la reproduisant à l’identique tandis que dans le même temps ces informations sont transmises au corbeau dont l’adresse électronique est nécessairement connue ? Enfin il est bon de savoir que dans le but de gérer au mieux les problèmes relevant de ces débordements de l’éthique et de la civilité générale il existe deux sites auxquels on peut accéder sans problème : http://retractionwatch.wordpress.com/ et http://publicationethics.org/. Qu’on se le dise !
Miroir, mon beau miroir …
dimanche, septembre 15th, 2013
Le portrait de Dorian Gray, le mythe de Narcisse, la marâtre de Blanche Neige, pour ne citer que quelques contes et légendes dans le désordre, posent comme référence la beauté de l’image. Mais il ne s’agit pas de n’importe quelle image quand il s’agit de l’image du visage et dans le cas présent, pas de n’importe quel visage mais de son propre visage. Or cette image c’est à la fois celle que le miroir reflète mais aussi ce que le regard de l’autre vous renvoie. Il n’en est que de constater l’importance prise par la publicité dans le domaine de la cosmétologie aussi bien du visage que du corps, dont on est en droit de se demander comment elle peut satisfaire aux critères qui font qu’elle n’entre pas dans le cadre des publicités mensongères ! Quoiqu’il en soit l’article Beauty, Science-Deep, (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/37215/title/Beauty–Science-Deep/) vient à point pour rappeler combien ce domaine qui aurait pu continuer à passer pour futile, s’inscrit dans le peloton des industries qui utilisent les techniques de laboratoire les plus sophistiquées. Après que l’opinion se soit indignée de l’usage des animaux mais aussi dans le but d’être au plus près des caractéristiques du revêtement cutané humain, on emploie dans les laboratoires de cosmétologie les techniques utilisées dans les laboratoires de recherche les plus performants sans autre question que celle d’estimer le plus et le moins pour chacune d’entre elles, soit encore d’estimer un rapport qualité/prix témoignant de l’utilisation mercantile des dites méthodes. Comment dès lors faut-il interpréter la rapidité avec laquelle ces techniques ont été adoptées et les réticences à l’encontre de la Résonnance Magnétique Nucléaire lors de sa mise en route malgré les immenses débouchés diagnostiques qu’elle portait en elle (A New Way of Seeing,
http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/37172/title/A-New-Way-of-Seeing/) ? Époques différentes, domaines d’application différents, utilisateurs différents, impacts sociétaux différents ? Faut-il chercher une/la/des réponse (s) ?
On ne découvre que ce qui existe !
mercredi, septembre 11th, 2013
On connait depuis toujours la résistance des épithéliums de revêtement à différents phénomènes physiques comme par exemple la pression et l’étirement. Il y avait donc fortement à parier que ces cellules s’attachaient les unes aux autres grâce à des structures particulièrement efficaces, car à l’exception des lésions d’ épidermolyse, les revêtements internes d’organes creux autant que le revêtement cutané externe tiennent bon. Le premier à imaginer que les épines caractéristiques du stratum spinosum de l’épithélium malpighien représentaient des systèmes de jonction, fut Giulio Bizzozero. Parce qu’il transgressait le dogme des ponts intercellulaires cher à Louis Ranvier, sa théorie ne fut reconnue qu’avec l’avènement de la microscopie électronique, plus de cinquante plus tard. Depuis les découvertes se sont accumulées et sont là pour témoigner de l’interprétation futuriste d’une vision limitée du fait de la technique en cours au XIX° siècle. Aujourd’hui la biologie bénéficie des acquis de l’ingénierie biomédicale comme le décrit l’article Sensing a Little Tension, (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/37216/title/Sensing-a-Little-Tension/ ) et l’on saura enfin le pourquoi d’une telle résistance ! Il faut savoir attendre avec patience les explications que la technique apporte à la transgression du dogme.