Janus où le dieu aux deux visages, celui qui ouvrait et fermait les portes des romains, celui qui aurait inventé la monnaie, c’est à dire aussi le côté pile et le côté face des pièces, Janus donc, reste un dieu non pas bien inquiétant façon Georges Brassens, mais un dieu d’une actualité toujours vraie. Il n’est pas de mois où ne paraisse un article traitant de la double face d’un processus, d’un système, d’une action dont on croyait tout connaître. Ainsi en est-il aujourd’hui de l’interprétation que l’on peut tirer des voies de l’inflammation (Depression and sickness behavior are Janus-faced, responses to shared inflammatory pathways http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1741-7015-10-66.pdf). Quand il s’agit de comparer cliniquement dépression et conduite adaptative à la maladie, l’évidence ne saute pas aux yeux, mais la comparaison par le biais de la biologie est beaucoup plus convaincante. Ce qui est le plus important aujourdhui n’est pas tant d’avoir plus finement explicité ce qui avait été suspecté dès 1993, mais plutôt d’avoir toujours à l’esprit qu’un système ne fonctionne jamais dans un seul sens, qu’une pièce a toujours deux faces, que la complémentarité est un stade plus accompli que la dualité. Le Yin et le Yang auraient-ils encore frappé ?
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Quoi de neuf Janus ?
samedi, juillet 21st, 2012… si cela ne fait pas de bien, au moins cela ne fait pas de mal …..
lundi, juillet 16th, 2012
Si la vulgate a souvent raison, parce qu’elle est l’expression du sens commun, il se peut que certaines de ses affirmations pourraient/devraient être remises en cause. C’est là justement où réside toute la difficulté de la démarche : démonter une idée reçue pour démontrer sa fausseté ! L’article dont il est question (Alternative Medicines |http://the-scientist.com/2012/07/01/alternative-medicines) ne peut pas, « c’est une évidence » réaliser une enquête exhaustive et seuls quelques sujets pouvant « coller » avec le titre y sont développés. Le problème est de savoir comment passer d’une idée reçue à un résultat construit. La première appartenant plutôt au domaine de l’irrationnel, le second à son contraire. Il semble bien que les sujets choisis par les auteurs, à l’exception peut-être du premier, ne concernent que des domaines où l’expériementation rigoureuse reste un leurre. Or comment peut-on raisonnablement aborder le problème du placebo, comme celui du nocebo, de façon quantitative quand on nage en plein qualitatif ! Par ailleurs, il est clair que dans certains des choix des auteurs, la culture sociétale et politique avec ses pressions positives aussi bien que négatives risque de contaminer les résultats et distille le doute plus qu’il n’instaure la certitude. On est alors en droit de se poser la question de savoir quelle est la raison de l’article sus-dit. En d’autres termes pourquoi in fine écrit-on un article ? Poser des questions c’est bien, à condition de donner des outils, aujourd’hui on dirait des pistes, pour y répondre !
… les antibiotiques, c’est pas systématique ….
dimanche, juillet 15th, 2012
Deux dates à retenir pour la discussion : A. Flemming découvre par inadvertance en 1928, la pénicilline et en 1953, Maxwell Finland et Louis Weinstein coécrivent un article qui attire l’attention sur les effets néfastes de l’antibiothérapie (Perspective, http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMp1205847?query=TOC) . Bien qu’ils n’aient à cette date en leur possession, qu’une palette encore restreinte d’antibiotiques, ces auteurs anticipent la création de ce qu’ils qualifient de nouveau monstre dans le domaine de la santé en comparaison des bons staphilocoques et streptocoques d’antan ! Pourtant malgré cette mise en garde prophétique, la course aux antibiotiques empruntaient une double direction : prescription et fabrication. Plus on prescrivait, plus, parallèlement, on demandait à la recherche de nouvelles générations. Puis vint le temps de la contrition. Reconnaissant enfin la faute, il devint utile de tout jeter aux orties sans prendre en compte ce qui avait été sauvé. Deux attitudes pas si contraires qu’elles en ont l’air puisqu’elles sont l’expression de l’absurdité du tout ou rien que l’homme adopte régulièrement, tel le balancier de l’horloge. Il est loin le temps où la vertu d’Aristote consistait en un choix assis sur la raison puis la délibération, de mesure en tout.
Pourquoi vivre en société
jeudi, juillet 12th, 2012
Il est plus que certain que l’abeille n’a pas conscience de l’étendue des bienfaîts qu’elle retire de sa vie au sein de la ruche (Bees Reverse Brain Aging |http://the-scientist.com/2012/07/06/bees-reverse-brain-aging). Il en est de même pour le B. thuringiensis quand il infeste la chenille mangeuse de choux(Bacterial Exploitation | http://the-scientist.com/2012/07/05/bacterial-exploitation/). La première ne sait rien du vieillissement de son cerveau en rapport avec ses tâches. Le second n’est pas plus au courant du fait que s’il ne produit pas de toxine, il peut utiliser un congénère qui en produit et ainsi se faire aider par lui ! Il existe bien dans ces deux cas, une coopération agissante entre des individus de même espèce au sein d’un groupe. Il s’agit donc bien de sociétés dont l’homme, grâce à sa technologie, découvre combien elles sont nombreuses, complexes et sophistiquées. Mais il ne s’agit là que d’un premier temps, vite oublié au profit de l’utilité que l’homme peut en tirer pour son bénéfice personnel !
« … et je vous apprends que votre fille est muette… »
dimanche, juillet 8th, 2012
Pourquoi un perroquet est-il un perroquet ? (DNA Sequenced for Parrot’s Ability to Parrot http://www.sciencedaily.com/releases/2012/07/120702210229.htm ) ! La réponse est d’importance. D’abord parcequ’il ne s’agit ni plus ni moins que de décrypter le code génétique qui contrôlerait la façon dont les perroquets apprennent à imiter leurs semblables mais aussi d’autres sons ! Ensuite, certains pourraient même dire surtout, parceque la connaissance de cette séquence pourrait apporter au domaine des neurosciences des informations sur les régions impliquées dans le développement de la parole chez l’homme. Mais trois raisons valant mieux que deux, c’est aussi la façon d’obtenir ce résultat qui doit être relevée, puisqu’elle témoigne que l’on peut associer avec succès une méthode récente de séquençage qui s’est révélée peu fiable (basée sur l’absence de replication) mais dont on attendait beaucoup, à une méthode plus ancienne qui semblait donc perdre de sa pertinence (utilisation de la replication). En fait l’une comme l’autre pouvait être source d’erreurs, mais l’une et l’autre combinées ont donné des résultats où le pourcentage d’erreur tombait à moins de 0.0001. Vivent les idées qui rapportent gros !
A lire pendant les vacances sur la plage pour ne pas mourir idiot !
jeudi, juillet 5th, 2012
Les dinosaures n’étaient pas des animaux à sang froid ( http://the-scientist.com/2012/06/27/dinos-not-necessarily-cold). Des microparticules pourraient délivrer de l’oxygène en cas d’hypoxie sévère en état d’urgence ( http://the-scientist.com/2012/06/29/microparticles-deliver-). La méthylation de l’ADN est liée à la perte de mémoire (http://the-scientist.com/2012/07/02/dna-methylation-linked-to-memory-loss/). L’ubiquitine, la bien nommée, est très largement impliquée dans des processus cellulaires sans rapport les uns avec les autres (On the Chain Gang |http://the-scientist.com/2012/07/01/on-the-chain-gang/). A tous ceux qui sont en droit de se poser la question de savoir pourquoi la majorité des articles présentés provient de la revue the-scientist, la réponse réside dans la multiplicité des sujets abordés, la facilité d’accès aux textes originaux. Si un quotidien peut être lu en version électronique, il est normal qu’il en soit de même pour un journal scientifique ! Sauf qu’il est parfois difficile de trouver chaussure à son pied aussi facilement. Sans se référer systématiquement à l‘Impact Factor, il faut néanmoins choisir parmi tous les titres de revue maintenant en free access et c’est là que commencent les difficultés, car si les sujets auxquels on s’intéresse sont légion, il en est de même pour les revues toutes plus pointues les unes que les autres. Alors, pour être toujours en vacances, musardons parmi des sujets venus de tous horizons et qui se laisseront aborder au gré de nos lectures. Laissons la science venir à nous !
La dernière console de jeu !
mercredi, juillet 4th, 2012
Si « Dieu joue aux dés » à quoi un scientifique peut-il jouer ? La réponse est dans l’article « Toying with RNA » ( http://the-scientist.com/2012/06/26/toying-with-rna/). Il est désormais possible de créer des molécules d’ARN grâce à « un jeu » en ligne sur lequel chacun peut se brancher à partir de l’article cité. Les quatre bases nucléiques nécessaires pour ce faire, Adénine, Guanine, Cytosine et Uridine, sont à la disposition des joueurs qui n’ont plus qu’à tester des assemblages en fonction de formes données. Pour les plus incompétents, il s’agit d’un parfait jeu de hasard ; pour les plus avertis, ils peuvent rapidement aboutir à un ARN qui sera finalisé dans un laboratoire où leur molécule conceptuelle aura été proposée. Pourquoi direz-vous ? En fait comme le souligne l’article, l’ARN non codant est largement méconnu en ce qui concerne ses formes. Si donc tous les « candides » du monde se donnent la main pour proposer des molécules virtuelles, c’est bien le diable s’il n’en sort pas une que la nature pourra reproduire ! Comme quoi, si Dieu a joué aux dés, et si Dieu a créé l’homme à son image, il est normal que l’homme joue aux dés !
Le cerveau en question
jeudi, juin 28th, 2012
A l’heure où les médias nous apprennent que le meilleur âge pour le cerveau se situe aux alentours de la quarantaine (pour l’homme !), arrêtons-nous un instant sur cet organe qui veut que si l’on pense avec son cerveau, il est probable que le cerveau ne se pense pas (E. Zarifian). En effet certaines conditions extrêmes sont dignes d’intérêt et les étudier peut avoir valeur d’enseignement dans des champs pas si éloignés puisqu’ils se rejoignent dans leur but exclusivement tendu vers l’avenir de l’humain. Dans un cas, c’est l’écureuil qui s’y colle (What the Supercool Arctic Ground Squirrel Teaches Us about the Brain’s Resilience/http://news.yahoo.com/supercool-arctic-ground-squirrel-teaches-us-brains-resilience-214600843.html), dans le second, c’est l’homme lui même (Size Does Matter |http://the-scientist.com/2012/06/22/size-does-matter/) ! Le cerveau de l’écureuil de l’Arctique, capable de supporter des températures inférieures à 0 degré (celsius) voit ses neurones tels des arbres en hiver. La comparaison (poétique) est d’autant plus appropriée que telles les feuilles au printemps, les synapses réapparaissent lorsque la température remonte ! Etudier cette capacité pourrait permettre de réparer certains dommages neuronaux. L’étude portée par le second article est tout aussi intéressante dans la mesure où elle explore ce qui relie, dans le processus de la vision, taille et espace. La taille perçue est-elle contingente de l’espace dans lequel se trouve l’objet ? Quel intérêt direz-vous ? Rien de moins que la robotique appliquée à l’homme quand la machine participe à sa reconstruction. Tout faire pour apprendre à aider l’homme doit rester le maître mot !
Quelle alloreconnaissance ?
vendredi, juin 22nd, 2012
Le système immunitaire peut être considéré comme un système ancestral, ayant évolué d’une immunité innée, dépourvue de mémoire chez les invertébrés et les vertébrés agnathes vers une immunité adaptative apparue il y a (environ) 500 millions d’années avec l’arrivée des gnathostomes. Ce système possède une spécificité, malheureusement parfois détournée/contournée, l’alloreconnaissance, ou reconnaissance du non soi. C’est cette propriété qui permet à l’individu de prendre connaissance du danger dans le but d’ y remédier. Comment faut-il alors interpréter le processus mis au point pas la souris infectée par le plasmodium berghei, (Self-Harm for Self-Defense |http://the-scientist.com/2012/06/20/self-harm-for-self-) ? L’animal est en effet devenu capable de détruire ses hématies non infectées pour éviter au parasite d’y pénétrer, ce qui introduit une solution de continuité dans le processus de l’infestation parasitaire. Or dans ce cas particulier où le soi est reconnu comme un non soi, l’organisme tire bénéfice de ce qui devrait être une anomalie de fonctionnement. Conclusion : rien n’est simple, et il semblerait bien que tout se complique à plaisir !!
Hors molécule point de salut !
jeudi, juin 21st, 2012
Depuis que Prométhée a offert le feu à l’homme, celui-ci est en mesure de cuire sa nourriture ce qui a fortement déplu à Zeus (on connaît la suite ! ). On peut se poser la question de savoir si l’ire de Zeus est à mettre en rapport avec le fait que la cuisine allait ainsi devenir un art, ce qu’il n’aurait en aucun cas pu supporter (Cooking: Delicious science, http://www.nature.com/nature/journal/v486/n7403_supp/full/486S10a.html?WT.ec_id=NATURE-20120621 )! En fait si la science peut explorer les processus physico-chimiques expliquant l’éclosion, la majoration, la prééminence de certaines saveurs aussi bien que la réalisation de certaines prouesses techniques, il n’en reste pas moins que l’appétence est affaire individuelle, et que la part la plus importante reste encore dévolue au cerveau. Sans oublier également que cette perception n’est pas l’expression d’un seul sens tant s’en faut. Si l’on savait déjà que gustation et olfaction étaient intimement liées, n’oublions pas que tous les autres sens s’invitent et que le plaisir de la vue fait partie de la fête.