Faire partie d’un réseau social semble être devenu une obligation sociétale à laquelle il serait particulièrement inopportun de déroger. Telle la mode vestimentaire qui permet aux individus de se reconnaître comme appartenant à une même classe sociale, le réseau (du même nom) permettrait de se retrouver, non pas dans la rue, mais dans le secret de l’espace dans lequel on se trouve, car pianoter sur son clavier avec un vis à vis ne modifie pas le problème : celui d’un échange sans échange ! En effet de quel échange s’agit-il ? D’une information qui va de personnes à personnes mais sans construire pour autant un édifice au sein duquel chacun pourrait retrouver plus qu’il n’ y a mis. C’est pourquoi quand on rencontre un vrai lieu de partage, il est bon d’en parler comme celui qui est cité dans l’article : Extra Eyeballs on the Eye (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/39898/title/Extra-Eyeballs-on-the-Eye/). Après quoi, rien n’empêche d’aller se connecter sur l ‘article EyeWire ( http://en.wikipedia.org/wiki/EyeWire) de Wikipédia pour prendre connaissance du sujet et de son concepteur, puis enfin pour terminer en beauté sur Games for Science (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/33843/title/Game-On/). S’ouvre alors au lecteur un nouveau monde alliant efficacement jeu et recherche, un réseau d’un nouveau genre, car intelligent et dont le but est l’acquisition de résultats dont les chercheurs feront des données de connaissance pour tous et dans des domaines aussi différents que la cartographie des connexions intra rétiniennes, les différentes structures tridimensionnelles des protéines, pour résumer, la biologie et l’informatique en général. Comme l’annonce le sous titre de l’article « Scientists are using video games to tap the collective intelligence of people around the world, while doctors and educators are turning to games to treat and teach« . Pour ne pas mourir idiot en nourrissant un réseau social qui ne sert vraiment à rien ni à personne, il suffirait peut-être de choisir des réseaux plus élaborés tel EyeWire ou Foldit (par exemple) !
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Un vrai réseau social ?
dimanche, mai 18th, 2014Alien, vous avez dit Alien ?
lundi, mai 12th, 2014
Quelque soit l’autre, il est nécessairement à l’image de ce que connaît l’homme, ce qui fait que, quelque soit ce qu’il tente de représenter, il ne prendra jamais en compte que ce qui lui est connu. Ainsi peut-il faire des mélanges à l’infini, l’individu construit n’aura rien de singulier. Heureusement, on va enfin pouvoir faire mieux comme le laisse à penser l’article de Nature : First life with ‘alien’ DNA ( Augmenting the Genetic Alphabet, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/39913/title/Augmenting-the-Genetic-Alphabet/ ). On sait que la vie s’écrit depuis toujours en utilisant un alphabet de quatre lettres A, G, U, T, ce que J. Monod a qualifié d‘invariant fondamental et » … qui fait que la cellule moderne existe depuis deux à trois milliards d’années … »( Le hasard et la nécessité, ed. du Seuil, 1970), mais aujourd’hui la recherche a réussi à créer un ADN artificiel qu’une cellule vivante est capable de reproduire. Avec une nouvelle base, une liaison qui peut être hydrophobe et un triphosphate, le plasmide injecté permettra à E. Coli de fabriquer de nouvelles protéines. Que seront les étapes suivantes, un nouvel ARN messager pour un nouvel ARN de transfert. S’agit-il de donner ainsi un coup de jeunesse à une si vieille cellule ou plutôt de modifier les directions dans lesquelles elle était engagée depuis si longtemps ? Ce qui est certain c’est qu’un nouveau de type chimère est en marche puisque l’on va pouvoir réaliser de nouvelles protéines dans lesquelles vont coexister des acides aminés naturels à côté d’acides aminés artificiels. La caille -poulet chimère de Mme Le Douarin a tracé la voie, chimères du monde entier unissez-vous pour un monde meilleur !
Surtout ne rien oublier !
mercredi, mai 7th, 2014
On pourrait imaginer que construire un organe est aujourd’hui devenu simple pour celui qui possède chez lui une imprimante 3D, avec le support adéquat. Mais lorsqu’il s’agit d’un organe in toto la complexité tient au fait que sa survie et son fonctionnement nécessitent plus que le tissu qui le caractérise. Un peu de tissu conjonctif, une vascularisation et une innervation ne seront pas de trop pour transformer ce qui n’aurait de l’organe construit que le nom. Si les greffes d’organe n’ont pas ce problème, elles se caractérisent par leurs pouvoirs antigéniques que ne manifesterait pas l’organe construit mais qui lui pêcherait par son défaut de vascularisation. Entre les deux se situent peut-être les cellules souches appartenant au sujet lui-même. Comme la première option n’est pas encore totalement maitrisée, que la deuxième se heurte au manque de donneurs, la troisième pourrait bien constituer plus qu’une voie de secours. Le problème qui reste entier concerne la vascularisation qu’il faut s’appliquer à savoir reproduire. Dans l’exemple choisi, si des cardiomyocytes sont capables de se contracter spontanément, il est indispensable de leur fournir, pour survivre, un réseau vasculaire leur apportant les nutriments et éliminant les déchets. Ce système vasculaire est complexe et pour le reproduire, il est indispensable de comprendre comment il se forme. C’est ce sujet qu’aborde l’auteur de l’article : Building Flesh and Blood (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/39796/title/Building-Flesh-and-Blood/ ). L’intérêt de l’article est double : suivre les différentes étapes de la démarche choisie et prendre de nouveau conscience de la richesse des différents facteurs indispensables à la mise en place du normal. Ce qui est également fascinant, c’est de constater que les résultats actuels sont redevables d’acquisitions très antérieures, mais toujours d’actualité. Un premier exemple, le péricyte, dénommé cellule rameuss de Rouget, décrit chez les jeunes têtards d’amphibiens (1873), un deuxième toujours chez l’amphibien, la notion que les capillaires peuvent prendre naissance aussi à partir d’éléments du stroma conjonctif (1928) , un troisième faisant état de l’intimité constante entre terminaison nerveuse et capillaire. Il convient donc de rayer à jamais l’expression selon laquelle » on ne fait pas du neuf avec du vieux ! «
Du nouveau à propos du beau ?
dimanche, mai 4th, 2014
Le beau comme harmonie, le beau comme sensible, le beau comme nature, le beau comme construit, sans oublier le beau comme vrai, les « beaux » sont multiples et le fait que toutes ses qualités ne puissent être dénombrées explique qu’ il n’existe toujours aucune définition satisfaisante. Quoiqu’il en soit, ce dont on peut être sur, c’est que l’on parle du sentiment du beau comme d’un ressenti d’accord entre le sensible comme le vu, le senti, l’entendu et la personnalité du sujet impliqué. Si l’on a tout mis en œuvre pour trouver les centres anatomiques des cinq sens, et avec plus de difficulté encore les différents centres de la mémoire, peut-on imaginer chercher un centre de l’esthétique !!! C’est la raison pour laquelle il convient de se précipiter sur l’article Neuroaesthetics (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/39802/title/Neuroaesthetics/) que fait paraître The Scientist de ce mois. Il est particulièrement ardu d’en résumer les propos, mais il faut néanmoins s’attarder sur l’intérêt de la démarche qui tient à la fois du qualitatif et du quantitatif et qui ose aborder un thème où se mêle essentiellement deux visions, celle de la neurophysiologie et celle de la philosophie. L’article traite essentiellement de l’esthétique dans le monde visuel et utilise, en les comparant, le normal et certaines pathologies cérébrales. Il se trouve alors qu’à des lésions topographiquement définies correspondent des modifications du comportement pictural du sujet. De même la vision de certaines représentations ne vont-elles pas s’inscrire dans les mêmes zones. Ainsi l’homme applique-t-il au domaine de l’esthétique sa quête universelle/ intemporelle/compulsive de classification. La raison, encore et toujours la raison, en dehors de laquelle, il semble bien, qu’il n’y ait toujours pas de salut ! Une dernière question se pose : que se passera-t-il quand on connaîtra le centre de l’esthétique ?
On peut toujours essayer !
dimanche, avril 27th, 2014
Quoi de plus tentant pour un humain normalement constitué, que de chercher à augmenter ses performances soit physiques, soit intellectuelles. Les secondes seules seront envisagées. De nombreux moyens ont été utilisés dans le but de procurer une amélioration efficace. Certains d’entre eux défient le temps comme l’alcool ou les psychotropes de quelques origine qu’ils soient. Aujourd’hui c’est la technique qui est requise comme dans le programme du site « Luminosity » qui ne rien de moins que de proposer le programme suivant : « Mettez votre cerveau au défi grâce à un entraînement conçu par des scientifiques » dont les mots choisis sont loin d’être anodins : cerveau, défi, entrainement, scientifiques. Les scientifiques sont les garants de la véracité de la proposition. L‘entrainement fait appel à la notion d’effort qui sera nécessairement récompensé. Le défi engage celui qui le relève et fait de lui un acteur responsable. En fin le cerveau, n’est-il pas le propre de l’homme ? A l’encontre de ces belles promesses un article ( Does Brain Training Work? http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/39768/title/Does-Brain-Training-Work-/), semble vouloir remettre en question ce programme qui se targue pourtant de rassembler 50 millions d’utilisateurs. Il y aurait-il des vrais scientifiques et des faux ou bien des bons et des mauvais ? Que peut/doit penser celui qui n’a pas choisi de s’abonner au programme ? Que doit/peut penser celui qui s’y est abonné ? Même si la publicité insiste sur le fait qu’il s’agit bel et bien d’un sur mesure et non d’un prêt à porter » Concevez votre programme d’entraînement personnalisé« , il y a peu de chances pour que ce soit le cas dans la mesure où les personnalités sont infinies et où, surtout, il conviendrait de savoir à quel type de tâche s’adresse EXACTEMENT le programme d’entrainement. Les fonctions cérébrales embrassent de multiples champs et il est peu probable que tous s’améliorent simultanément. Jouer à « muscler son cerveau » mais sans y croire, est dans ce cas la seule attitude raisonnable à adopter.
Affaire à suivre …
vendredi, avril 25th, 2014
Pour faire suite au dernier article proposé, et après réflexion (ce qui prouve une fois encore et s’il en était besoin, que la réflexion doit toujours précéder l’action !) on est en droit de se poser une question dont la pertinence n’échappera à personne. Si des neurones sont bien à l’origine du processus de résilience, pourquoi cette qualité n’est-elle pas offerte à tous ? A cette question, plusieurs réponses seraient dans l’ordre du possible et en particulier : Quid de ces neurones chez l’homme ? Pour le savoir, comment pourrait-on échapper à la pratique de biopsies parfaitement ciblées (tegmentum ventral !!!) sur des échantillons parfaitement représentatifs d’individus ayant fait preuve de résilience comparés à des individus qui en seraient dépourvus. Ces biopsies permettraient d’une part de vérifier la présence vs l’absence des dits neurones, d’autre part de rechercher, s’il existe ou non des différences entre les neurones des résilients et ceux des non-résilients en allant du plus simple au plus complexe : depuis l’étude histologique jusqu’à la biologie moléculaire. Ne pas oublier l’étude comparative de la molécule de Dopamine, et de ses récepteurs ….. Seule la première étape pourrait bien être la plus difficile, pour le sujet autant que pour son neurochirugien. La démarche analogique qui fut utilisée dans les descriptions anatomiques entre les animaux et l’homme avait entraîné un certain nombre d’erreurs qu’il a fallu corriger , il se pourrait bien qu’il en soit de même aujourd’hui ( au moins dans certains domaines). Ceci étant la gente murine permet quand même à l’homme de toujours élargir le champs de ses investigations !
Tout ce qui ne tue pas rend plus fort
jeudi, avril 24th, 2014
Cette phrase (devenue) culte de F. Nietzsche est aussi le thème que traite B. Cyrulnic lorsqu’il développe le concept de la résilience. S’il s’agit bien de ce que l’on pourrait assimiler à la gestion privilégiée d’une situation de stress, l’article Triggering Resilience to Depression ( http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/39734/title/Triggering-Resilience-to-Depression/ ) propose une étude expérimentale qui pourrait servir de base matérielle (anatomo-fonctionnelle) à une qualité psychologique. Des neurones bien définis seraient en effet mis en cause dans cette capacité tout à fait particulière qu’ont certains individus de se reconstruire à la faveur de l’expérience du traumatisme. L’étude a fait appel à la souris chez laquelle on est parfaitement capable de diagnostiquer aussi bien une situation de stress qu’une situation de récupération de bien être au milieu de ses congénères. Ces neurones dopaminergiques ont été localisés dans l’aire tegmentale ventrale (mésencéphale) et tel Mangefeu, le montreur de marionnettes , des expérimentateurs s’activent pour que la souris, comme Pinocchio, agisse/réagisse sans qu’il lui soit donné de savoir ce qui lui arrive ! On a donc aujourd’hui mis un nom sur les cellules responsables, on connait leurs caractéristiques et on sait où elle se situent ce qui permettra probablement une avancée dans le domaine de la thérapeutique de certains types de syndromes dépressifs. Ce qui est plus exceptionnel c’est que l’on puisse relier explicitement des cellules et la zone où elle se localisent à un type de conduite humaine.
Cogito ergo sum
mardi, avril 22nd, 2014
Existe-t-il une certitude, si l’on excepte la finitude humaine, dont l’homme puisse se prévaloir ? Dans la mesure où on se doit de refuser le sophisme du genre, c’est l’absence de certitude qui est la certitude absolue, le « cogito » de Descartes se révèle être le fondement de l’existence d’une certitude. Ce besoin de certitude est une constante de l’homme qui s’exprime aujourd’hui avec d’autant plus de violence que la technicité omniprésente mais incomprise (voire incompréhensible) pour la majorité de ceux qui l’utilisent, est requise à chaque étape de sa vie. Cette recherche va de paire avec la question que pose par la prise de risque, dont il semble que l’on veuille s’éloigner à grands pas, comme en témoigne l’inscription dans la constitution du principe de précaution. Il est facile de rappeler que sans une prise de risque de nombreuses avancées thérapeutiques n’auraient pas vu le jour. Il est aussi facile de rappeler que si les vaccinations ont eu pour certains des effets délétères, les bénéfices sont de loin plus importants. Ainsi est-il intéressant de lire l’article, Opinion: The Pitfalls of Uncertainty (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/39702/title/Opinion–The-Pitfalls-of-Uncertainty/) qui a le mérite de traiter de ce sujet largement débattu, qu’est l’incertitude. Parallèlement il n’est pas inopportun d’aborder le domaine du consensus, position indispensable à la gestion conjointe de l’incertitude et de l’agir, que l’on pourrait assimiler à l’art de permettre aux différences de cohabiter en se refusant à les éliminer.
Impératif catégorique/impératif hypothétique
jeudi, avril 17th, 2014
L’hormone n’est plus ce qu’elle était, ainsi en est-il de l’ocytocine qui ne tiendrait plus les promesses que l’on était en droit d’attendre elle, depuis si longtemps. Réputée pour ses valeurs altruistes, qualifiée d’hormone de l’amour, aussi bien que d’hormone de la morale, voici qu’elle pourrait être tenue pour responsable d’un comportement que l’on serait en droit de qualifier d’immoral quand on met en parallèle l’action d’individu à individu et celle de l’individu dans son groupe confronté à un autre groupe. (Oxytocin Boosts Dishonesty, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/39595/title/Oxytocin-Boosts-Dishonesty/) ! En d’autres termes, au niveau de la singularité, chaque individu peut être perçu comme un autre soi-même. La pluralité en incluant l’individu dans un groupe l’empêche de se reconnaître dans l’autre groupe ! Que deviennent les impératifs kantiens ? On aurait envie de dire que l’impératif catégorique s’efface au profit de l’impératif hypothétique. Finit l’universalité inconditionnelle, place à l´objectif final.
De la terre à la lune
lundi, avril 14th, 2014
Vouloir s’échapper de la terre, on y pense, le pouvoir présente plus de difficultés dont deux principales : le(s) moyen(s), le lieu d’accueil. Depuis longtemps c’est la lune l’heureuse élue. Pour Cyrano de Bergerac, il suffit d’un rayon pour y parvenir, pour Jules Verne c’est la science qui s’impose, agrémentée d’une pincée d’imagination. Mars fut aussi de la fête, mais plus par le fait des petits bonshommes verts qui devaient y résider. Ainsi les voyages sous toutes les formes peuplent-ils l’imaginaire de ceux dont les pieds resteront toujours attachés ici bas. Aujourd’hui c’est l’un des satellites de Saturne découvert en 1789 par William Herschel, à qui l’on rend honneur (Saturn’s Icy Moon Harbors Ocean, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/39642/title/Saturn-s-Icy-Moon-Harbors-Ocean/). Peu connu du public, Encelade, puisque c’est son nom, présente un intérêt tout particulier, celui de posséder un lac de la taille du Lac Supérieur sous une couche de glace et qui se situe à l’un de ses pôles. Un peu de sodium, du potassium, du méthane, de l’ammoniac, et il n’en faut pas plus pour postuler l’existence possible de vie, ce que l’homme cherche désespérément dans l’univers depuis qu’il n’est plus le centre du monde. De voyage il n’est pas question, Encelade se situe sur l’anneau le plus externe de Saturne, difficile d’y accéder !